Prison

60 détenus pour 32 places, la prison de Dinant déborde

publié le:22/11/2023 18:58:00 - mis à jour: 24/11/2023 17:27:04

11 500 prisonniers pour 10 400 places, la surpopulation dans les prisons belges. La maison d'arrêt de Dinant en est le parfait exemple. La plus petite prison du pays est également l'une des plus surpeuplées.

Soixante détenus pour trente-deux places, la plus petite prison du pays déborde. Cette surpopulation carcérale fait partie du quotidien de la maison d'arrêt de Dinant depuis de nombreuses années. Dans une cellule d'à peine neuf mètres carré, deux prisonniers doivent cohabiter. Alexis Douffet, le directeur de la prison, est bien conscient du problème.

Normalement, une cellule doit accueillir un seul détenu. Ici, ils sont quasiment deux individus à chaque fois. Mais la prison de Dinant, c'est une maison d'arrêt, cela veut dire que l'on doit accepter tous les détenus que l'on nous amène. On n'a pas le choix. Dès que quelqu'un est placé sous mandat d'arrêt, il est escorté dans l'une des deux maisons d'arrêt de l'arrondissement, soit Namur ou Dinant.

Dans toutes les prisons du pays, la surpopulation est devenue la règle avec, comme conséquences, des conditions de vie très difficiles pour les détenus, notamment le manque d'intimité.

Ils doivent faire leur besoin dans une cellule avec un co-détenu présent à côté. S'ils veulent téléphoner, leur co-détenu entend la conversation. Ils doivent par exemple se mettre d'accord sur le programme télévisé. En fait, on met ensemble deux personnes qui ne se connaissent pas, dans un espace hyper réduit. Ils vont parfois devoir cohabiter une vingtaine d'heures par jour pendant des mois voire des années.

Plus de prisons, plus de détenus

La surpopulation carcérale en Belgique s'expliquerait par l'allongement des peines des condamnés et des libertés conditionnelles de plus en plus difficiles à obtenir pour les détenus. L'ouverture de nouveaux établissements pénitentiaires, vue comme une solution, n'en serait pas une au bout du compte.

Dès que l'on crée plus de places, elles sont remplies directement. Il y a un an, on a ouvert la prison de Haren et la population pénitentiaire a augmenté.


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La situation ne risque pas de s'améliorer, que du contraire. Depuis le 1er septembre, toutes les peines de prison, même les plus courtes, sont exécutées entre quatre murs. Reste la solution la plus simple : envoyer moins de gens derrière les barreaux.

C'est sûr que c'est la première solution: envoyer moins en prison. Mais on sait que la peine de prison reste la peine de référence. Le citoyen lambda estime que si quelqu'un est condamné, il doit l'être à une peine de prison. Les autres peines ne seraient pas assez punitives. La peine de prison est surtout pertinente pour les gens qui commettent des faits très graves, et non pas pour des délinquants toxicomanes. Ces derniers ont plus besoin de soins que d'incarcération. Or, on sait qu'une grande partie de la population carcérale est fragilisée et toxicomane, venant d'un milieu très pauvre. Tout cela ne se règle pas par la prison.

La Belgique se classe dans le top cinq des prisons les plus surpeuplées d'Europe. L'État belge est d'ailleurs régulièrement condamné par la justice pour surpopulation.


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Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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