Tourisme

À Waulsort, le dernier passeur d’eau de Belgique assure jusqu’à 70 traversées par jour

publié le:12/08/2025 16:19:00 - mis à jour: 14/08/2025 16:49:05

Focus sur un métier aussi rare que pittoresque : celui de passeur d’eau. À la seule force des bras, il fait traverser les passagers d’une rive à l’autre à bord d’une petite barque.

La traversée ne dure que quelques minutes, mais elle offre une expérience à la fois insolite et authentique, dans un décor naturel remarquable. Cette petite barque relie Waulsort, dans la commune d'Hastière, aux villages de Falmagne et Falmignoul, sur l'autre rive, en territoire dinantais. Depuis 11 ans, Michel Remy, originaire de Waulsort, assure la fonction de passeur d'eau. Un métier unique en Belgique, qu'il exerce avec plaisir.

Je travaille en plein air, dans un très beau cadre naturel. Je n'aurais pas supporté travailler dans un bureau. Il y a aussi bien sûr le côté social. Je transporte plusieurs centaines de touristes chaque jour, et ce sont souvent des personnes de bonne humeur car elles sont en vacances.

Le service est gratuit, et attire chaque jour de nombreux promeneurs désireux de découvrir les sentiers naturels de Falmagne et Falmignoul. Lors des journées les plus fréquentées, Michel peut effectuer jusqu'à 70 allers-retours. Une performance physique, car ici, pas de moteur ni de voile : la traversée repose uniquement sur l'effort du passeur aidé d'un rabot en bois pour tirer l'embarcation de trois tonnes. Malgré la sérénité du lieu, la vigilance est constante.

C'est une fonction où on pourrait vite être distrait car le cadre est très calme et apaisant et il n'y a pas énormément de passage. Mais on doit quand même rester attentif parce qu'il y a parfois des gros bateaux qui passent et une collision serait catastrophique.

Déjà présent au Moyen Âge

Le passage d'eau de Waulsort ne date pas d'hier. Il est en activité depuis des siècles et constitue aujourd'hui un témoignage vivant du patrimoine fluvial.

Il y a longtemps, il était utilisé pour la transhumance des troupeaux, mais aussi pour faire traverser les moines qui venaient de l'abbaye voisine. Plus récemment, début du 19e, le passage d'eau était utilisé par les habitants de Falmagne et Falmignoul pour aller prendre le train à Waulsort.

Au début du 19e siècle, on comptait une dizaine de passages d'eau entre Namur et la frontière française. Celui de Waulsort est le dernier encore en activité. Il fonctionne chaque année entre avril et novembre, preuve que cette tradition séculaire a encore de beaux jours devant elle.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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