Police
Après 23 ans, le chef de corps de la Zone de Police Haute-Meuse tire sa révérence
publié le:17/05/2024 15:39:00 - mis à jour: 18/05/2024 14:44:09
Une page se tourne à la Zone de Police Haute-Meuse, Bernard Dehon, le chef de corps prend sa retraite après vingt-trois années. Entre réforme des polices, nouveau commissariat ou encore débuts militaires.
Ce vendredi 17 mai est un jour spécial pour le Commissaire Divisionnaire Bernard Dehon. C'est sa dernière journée en tant chef de corps de la Zone de Police Haute-Meuse.
C'est une longue tranche d'existence pour moi. Je suis rentré dans le système à l'âge de quinze ans à l'école des cadets, il y a quarante-sept ans. Ici, à la Zone de Police Haute-Meuse, cela fait déjà vingt-trois ans que je la dirige. Je crois qu'il est temps de tourner la page. La retraite, on s'y prépare. Il y a aussi d'autres choses à faire dans la vie. À un moment, il faut laisser la place aux autres.
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Bernard Dehon a vécu une très longue carrière dans les forces de l'ordre. Après une première expérience à la gendarmerie de Ciney, il passe par le District de Namur dans les années 90. Début 2000, commence alors sa grande aventure en vallée mosane. Il met sur la pied la Zone de Police Haute-Meuse en partant de rien. C'est l'époque de la réforme des polices suite à l'affaire Dutroux.
Il a fallu établir un premier budget pour la ZP. Je me vois encore dans le bureau du receveur d'Yvoir, Monsieur Laloux à l'époque. C'était vraiment à la grosse louche, il n'y avait encore jamais eu de budget pour une Zone de Police en Haute-Meuse. Il fallait le faire. On s'est débrouillés, on est tombés plus ou moins bons. Il y avait aussi le fait que l'on regroupait la gendarmerie et la police communale. Il y avait certaines tensions qu'il a fallu surmonter avec beaucoup de communication en interne. Enfin, on a créé des nouveaux services. L'assistance aux victimes n'existait pas, la techno-prévention non plus.
"Mettre en place une ZP est autrement plus complexe qu'ouvrir un commissariat"
Aujourd'hui, la Zone de Police Haute-Meuse compte 120 agents et un commissariat presque flambant neuf dans lequel ils ont pris leurs quartiers en 2020. La ZP couvre les communes d'Anhée, Yvoir, Hastière, Onhaye et Dinant.
On parle souvent de ce commissariat comme étant le fleuron de ma carrière. Mais franchement, mettre en place une zone de police est autrement plus complexe qu'ouvrir un commissariat.
Des bons souvenirs, Bernard Dehon en a des tonnes à raconter. Des plus douloureux, moins. Mais ceux-ci marquent la vie d'un policier.
C'était une descente sur un accident de roulage à Jemelle, j'étais affecté au district de Ciney. Il y avait eu quatre personnes décédées dans le crash, dont un enfant de deux ans, soit l'âge de mon fils à l'époque. Ce moment difficile n'est pas encore effacé de ma mémoire.
Bernard Dehon laisse une marque indélébile à Dinant. Il passe le relais à Edwin Dassonville, l'ancien chef de corps de la ZP Houille-Semois. Le néo-retraité, quant à lui, va pouvoir s'adonner à sa passion de toujours: le jardinage.