La commune de Beauraing va investir 5 millions d'euros dans les 2 à 3 années à venir pour améliorer ses voiries. Ces projets ont été inscrits et votés lors du conseil communal de ce lundi.
En décembre, le vote du budget est une étape cruciale pour les communes. À Beauraing, cette année, celui-ci rime particulièrment avec "voiries". Sur un budget extraordinaire de 11,5 millions d'euros, la moitié sera consacrée aux routes. Par "voiries", on entend réfection, entretien, création de pistes cyclables lentes et réparation des trottoirs.
Voici le détail:
Les voiries :
- Rue du Château à Honnay
- Rue de Vencimont à Winenne
- Rue du Chapy à Wancennes
- Les filets d'eau à Vonêche
- Rue Fontenelle et rue du Plantis à Honnay
- Rue de Berry
Les trottoirs :
- Rues des Tulipes,
- Rue des Roses,
- Rue des Lilas,
- Rue des Bruyères
Côté voies lentes, deux projets prioritaires ont été identifiés. Ils seront tous les deux relancés lors de ce début de mandature :
De nouveaux égouts seront également posés à Javingue pour prévenir les inondations d'habitations. À Feschaux, rue des Firmandes, des travaux similaires auront lieu suite à l'effondrement de l'ancien égout qui traverse l'église.
Ces travaux s'étaleront dans le temps et seront priorisés, explique le bourgmestre :
Notre budget traduit les intentions de notre déclaration de politique générale. C'est notre acte d'autorisation à mettre en œuvre nos projets. Cela nous donne le temps de préparer les dossiers, d'attendre les bons taux, d'obtenir des subsides, bref, d'être prêts quand le bon moment se présentera.
Castel, écoles et salles de village
La majorité beaurinoise a également budgété la construction d'une nouvelle école à Winenne, en attente de la confirmation définitive des subsides européens. L'extension et l'aménagement de l'école de Pondrôme font également partie des ambitions communales.
Côté salles de village, des travaux sont prévus pour les salles de Honnay, de Pondrôme, et le bâtiment du terrain de foot à Felenne.
Un budget sera aussi consacré à la rénovation de la tour du Castel Sainte-Marie, monument classé, propriété de la commune. Dans le même esprit, des fonds ont été prévus pour la mise aux normes du château (électricité, eaux, etc.) et le remplacement des corniches du restaurant.
« En 2026, nous devrons puiser dans nos provisions»
Cependant, ces ambitions s'inscrivent dans un contexte financier tendu. L'échevin des Finances, Pierre Dury, prévient :
2025 pourrait être la dernière année où nous évitons de puiser dans nos provisions. Cela fait plusieurs années que nous réduisons nos dépenses pour constituer un bas de laine. Mais il est très probable que nous devrons y recourir pour financer nos emprunts, nécessaires à l'entretien des voiries. Réduire davantage nos finances est toujours possible, mais ce serait au détriment des services communaux, ce que nous souhaitons éviter.
Plusieurs défis pèsent, en effet, sur le budget ordinaire, à commencer par la fin de l'indexation des points APE qui financent les emplois du personnel communal, alors que les salaires, eux, continueront d'être indexés. Les cotisations de responsabilisation (financement des pensions du personnel statutaire) viennent également grever les finances communales. L'échevin table sur une augmentation progressive et un coût de près de 783.000 € d'ici 2030. Enfin, avec la politique restrictive du nouveau gouvernement wallon, les autorités locales s'apprêtent à voir des subsides régionaux leur échapper.
Malgré ces incertitudes, la commune présente un budget ordinaire avec un boni de près de 397.000€, sans augmentation des taxes. « La situation budgétaire beaurinoise reste enviable », souligne le directeur financier, tandis que le bourgmestre Marc Lejeune ajoute :
Là où d'autres communes sont à l'os, nous avons encore une certaine marge.
De fait, les provisions de Beauraing s'élèvent à 3,7 millions d'euros.
La base de Baronville, une bouffée d'oxygène
Une bonne nouvelle pour les finances communales : le loyer annuel de la base de Baronville augmente de 60.000 € grâce à une renégociation de l'échevin des finances Pierre Dury avec les locataires (FN, Mecar, CMI). Le bail emphytéotique signé en 2015 ne prévoyait pas d'indexation. Le loyer s'élèvera désormais à 545.000 €. Une véritable bouffée d'air pour les finances communales.