La Fédération Wallonie-Bruxelles estime qu’une formation identique est déjà proposée à l’Athénée de Beauraing. Une décision fondée sur des critères de fréquentation, mais qui bouleverse les élèves concernées.
Dans la classe de 3e aide-familiale de l'Institut Notre-Dame du Sacré-Cœur de Beauraing, l'ambiance semble studieuse, sereine, presque insouciante. Pourtant, derrière les sourires se cachent de nombreuses inquiétudes, des interrogations et un profond sentiment d'injustice.
Lundi, les seize élèves de cette classe ont appris qu'elles ne pourraient plus poursuivre cette option dans leur école dès la prochaine rentrée scolaire. Une décision difficile à accepter pour ces jeunes qui avaient construit leur projet d'avenir autour de cette formation. C'est le cas d'Yliona Cordioli.
Je suis très déçue. J'avais choisi cette école et cette option pour réaliser mon rêve de devenir infirmière. Apprendre aujourd'hui qu'elle va disparaître, c'est un véritable choc. J'ai l'impression qu'on met un obstacle sur le chemin de mon rêve.
L'incompréhension est tout aussi grande du côté de la direction. D'autant que l'établissement avait reçu des signaux rassurants quant au maintien de l'option, explique Valérie Collin, directrice de l'Institut Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Ce qui est particulièrement difficile à comprendre, c'est que nous avions d'abord reçu un feu vert. Puis, quelques semaines plus tard, tout s'est inversé. On nous a expliqué que les chiffres avaient été recalculés et, le 26 mai, nous avons appris par mail que l'option allait fermer. Nous accompagnerons évidemment les élèves, mais cette décision nous paraît avant tout administrative et déconnectée de la réalité du terrain.
Un choix basé uniquement sur des chiffres
Contactée, l'Administration générale de l'Enseignement justifie sa décision par l'application de la réglementation. Celle-ci prévoit qu'une même option ne peut être maintenue dans deux établissements situés dans un rayon de 10 kilomètres lorsque certains critères sont rencontrés. Le départage s'effectue alors sur base du nombre moyen d'élèves inscrits au cours des années précédentes.
Concrètement, l'option aide-familiale de l'Institut Notre-Dame du Sacré-Cœur compte moins d'élèves que celle organisée à l'Athénée de Beauraing. C'est ce critère qui a conduit à la suppression de l'option dans l'enseignement libre. Une logique que conteste Nathalie Bailliez, enseignante.
Nous trouvons cette décision injuste, car elle repose sur des données qui ne reflètent plus la réalité actuelle. Notre section est en progression constante et compte aujourd'hui seize élèves en troisième année, ce qui est loin d'être négligeable. Nous avons des jeunes motivées qui souhaitaient poursuivre tout leur parcours ici.
Pour les enseignants, cette fermeture marque la fin de nombreux projets pédagogiques et de plusieurs années d'accompagnement. Pour les élèves aussi, le coup est rude. Très peu envisagent de rejoindre l'Athénée de Beauraing pour poursuivre la même formation. Elles devront donc rapidement se réorienter et faire un choix qu'elles n'avaient pas anticipé. Lola Van Hove redoute particulièrement ce changement.
J'ai longtemps manqué de confiance en moi. Ici, en deux ans, les enseignants m'ont aidée à reprendre confiance et nous avons créé une vraie relation. Savoir que je vais devoir changer d'école et tout recommencer à zéro est très difficile à vivre, surtout après tous les efforts accomplis pour trouver ma place.
Seules les élèves actuellement en 3e année seront contraintes de quitter l'option. Les élèves de 4e, 5e et 6e pourront terminer leur cursus dans l'établissement. L'option aide-familiale disparaîtra définitivement de l'Institut Notre-Dame du Sacré-Cœur en 2029.