Santé

Braibant : taux normal de TFA dans l'eau de distribution

publié le:27/02/2025 17:56:00 - mis à jour: 28/02/2025 14:11:45

Les dernières analyses de l'eau de distribution à Braibant révèlent un taux de TFA (dérivé de PFAS) de 1,5 microgramme par litre. Un taux en dessous de valeur guide de la Région wallonne de 2,2 mcg/l.

TFA, trois lettres dont les habitants de Braibant, dans la commune de Ciney, se seraient bien passés. Il y a cinq mois, ils apprenaient que leur eau de distribution contenait un taux un peu alarmant de TFA, un polluant éternel, un dérivé de PFAS. Toutefois, les dernières analyses en décembre sont rassurantes. Elles révèlent un taux de 1,5 microgramme par litre. Une valeur bien en dessous de la valeur guide de la Région Wallonne. 

Que s'est-il passé entre temps ? Rien par rapport à l'eau en tant que telle. Aucun traitement supplémentaire n'a été entrepris. Mais l'AIEC, l'Association Intercommunale des Eaux du Condroz, mène des analyses en amont pour tenter de trouver d'éventuelles sources de pollution au TFA. Olivier Montfort, le directeur de l'AIEC explique :

Nous avons procédé à des prélèvements sur tous les rejets d'eau directs qu'il y avait dans notre zone d'alimentation. Cela va nous permettre de déterminer si la pollution émane de ces rejets, en provenance peut-être d'égouts ou de ruissellement sur cette zone-là. Si ce n'est pas le cas, il faudra envisager des pollutions plus étendues et diffuses au niveau de la zone d'alimentation en eau. 

Limiter les sources de pollution 

Les résultats de ces analyses ne sont pas encore connus. En attendant, la commune de Ciney joue la carte de la prévention en tentant de limiter les sources potentielles de pollution. Luc Fontaine est échevin de la Santé à Ciney :

Nous suggérerons d'éviter l'épandage des boues des stations d'épuration sur les sols agricoles, d'éviter aussi les pesticides contenant beaucoup de PFAS, surtout à proximité des zones de captage, et de conserver un principe de précaution pour la consommation d'eau. 

Faible impact sur la santé

Le TFA, que l'on surnomme le plus petit des polluants éternels, est présent dans l'eau que nous buvons, mais aussi dans de nombreux aliments que nous mangeons. 
On le retrouve dans la dégradation de produits chimiques, tels que les produits phytosanitaires utilisés dans certaines de nos cultures. Mais, à l'heure actuelle, la probabilité que le TFA soit toxique pour les organismes vivants est considérée comme très faible. Yves Coppieters, le ministre wallon de la Santé, se veut rassurant :

Le TFA est moins nocif potentiellement que les PFAS. Le TFA est un PFAS à courte chaîne qui s'élimine de l'organisme. Il ne va donc pas s'accumuler. Il ne va pas entraîner des effets chroniques a priori. On peut être déjà beaucoup plus rassuré sur les effets sur la santé. Mais quoi qu'il en soit, c'est bien un polluant.

Sans une réglementation plus contraignante sur l'utilisation du TFA par l'industrie en amont, tant la commune de Ciney et l'Association Intercommunale des Eaux du Condroz, en aval, se sentent un peu démunies face à ce polluant éternel. Car pour pouvoir le filtrer de l'eau, seul l'osmose inverse y parvient. Mais cette technique est très coûteuse et très énergivore.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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