Tourisme

Camping-cars : la province de Namur fait de la place

publié le:13/08/2025 14:23:00 - mis à jour: 16/08/2025 12:37:52

Ils sont de plus en plus nombreux à parcourir la Wallonie en motorhome. Et la province de Namur n’échappe pas à la tendance : de Gedinne à Spontin, en passant par Han-sur-Lesse, les aires se développent.

Depuis le confinement, ils sont devenus les rois de la route. Moins de contacts, plus de liberté : les camping-caristes ont redessiné la carte des vacances… Et cinq ans plus tard, ils roulent toujours. En Wallonie, les communes s'adaptent. Lentement, mais sûrement. Et les aires de stationnement poussent, doucement, à leur rythme.

Han-sur-Lesse : star des motorhomes

À Han-sur-Lesse, pas besoin de pub : l'aire est déjà une star dans le monde des camping-cars. Quarante emplacements, eau, électricité, wifi… et les célèbres grottes à deux pas. Pour quatorze euros la nuit en haute saison, le voyageur ne manque de rien, ou presque. Une habituée, Diana, camping-cariste allemande, raconte :

Nous nous arrêtons toujours à cette aire avant d'aller plus loin dans notre voyage. On l'aime beaucoup parce qu'on a tout ce dont on a besoin : belle ville, bons restaurants, des gens sympas... Nous avons deux chiens avec nous, c'est bien pour les longues promenades par ici. On a déjà vu des aires bien plus chères qu'ici, avec moins de services et de possibilités dans les environs.

Grégory Jacquet, échevin du tourisme à Rochefort, confirme la tendance :

Il n'y a pas un jour pendant la saison où on n'est pas rempli ou quasiment rempli. Par rapport à l'année dernière, on a plus ou moins 300 camping-cars en plus pour les sept mois d'ouverture.

Gedinne : zéro euro, nature à gogo

À Gedinne, c'est encore mieux… ou en tout cas, encore moins cher : ici, c'est gratuit. Une trentaine d'emplacements, de l'eau potable, une aire de vidange, et le terrain de foot comme voisin. Un bon plan, bien connu dans les cercles motorisés. Christophe, de passage pour une nuit, témoigne :

On voyait beaucoup de terrains à 30 ou 40 euros la nuit. Juste pour s'arrêter le soir et se reposer, repartir. On trouvait que c'était un budget assez cher. Donc on cherchait des emplacements gratuits ou à moins de 10 €, et c'était vraiment pratique. Surtout qu'ici c'est équipé de poubelles et d'eau, ce qui nous permet de faire la vaisselle et gérer nos déchets.

Angélique Cordy, de l'office du tourisme de Gedinne, plussoie :

C'est très très rare que l'aire ici soit vide, été comme hiver. Elle est accessible toute l'année, et il y a toujours au moins un camping-car garé. Forcément, le fait que ce soit gratuit, c'est un plus pour nous touristiquement.

Si certains découvrent la vie de campeur, d'autres en ont fait un mode de vie. Gérald, qui vit à l'année dans son motorhome, explique :

J'aime bien gérer l'énergie, ne pas gaspiller, avoir tout ce qu'il me faut. J'ai même presque trop dans un seul véhicule. Et vu que je vis seul, ça sert à quoi d'avoir un appartement de 60 mètres carrés ?

Spontin : l'automatisé

Ces dernières années, les immatriculations de camping-cars ont explosé, en Belgique comme en France. Une tendance sur laquelle la Wallonie tente de surfer. En 2022, le Commissariat général au tourisme a validé la création de 135 nouveaux emplacements, dont une vingtaine à Spontin. Thierry Lannoy, échevin du tourisme à Yvoir, détaille les chiffres :

On a reçu un subside de 381 000 euros du CGT. Mais au total, ça a coûté environ 800 000 euros à la commune, malgré les aides.

L'aire vient d'être inaugurée sur l'ancien camping du Quesval. 13 euros la nuit en été. Pas de gardien, tout est automatisé. L'échevin nuance :

Aires Services, c'est une société française qui gère les entrées, les paiements, etc. Le retour sur investissement aura lieu, mais on ne sait pas dans combien d'années. La commune doit encore assurer l'entretien, gérer les poubelles, vidanger les citernes d'eaux usées… Il y a des frais de fonctionnement.

Houyet arrive en renfort

Et ce n'est qu'un début : d'autres aires vont voir le jour dans les semaines à venir. À Houyet notamment, en bord de Lesse. Une vingtaine de places prêtes à accueillir les amateurs d'été indien dès le 1er septembre.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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