Élevage
Canicule : des séquelles durables dans les élevages
publié le:04/08/2026 14:11:00 - mis à jour: 05/08/2026 18:19:56
Les fortes chaleurs ont durement touché les élevages. Au-delà d'une hausse de près de 25 % de la mortalité, les vétérinaires constatent des effets sur la production laitière, la fertilité et les naissances.
Dans les élevages du pays, la canicule a laissé des traces. Les chiffres de collecte des carcasses le confirment : lors des derniers épisodes de fortes chaleurs, le taux de mortalité des animaux d'élevage a été près de 25 % plus élevé que lors des autres journées estivales. Bovins, porcs, chevaux ou encore volailles ont été touchés. Seuls les moutons semblent avoir été relativement épargnés.
En Famenne, Antoine Lipnik, vétérinaire, a été aux premières loges. Il a notamment constaté des difficultés chez les animaux les plus fragiles.
On a constaté des jeunes veaux qui n'arrivaient pas à réguler leur température et qui finissaient par mourir. Il y avait aussi des animaux à l'engraissement qui souffraient énormément de ces chaleurs. Les jeunes animaux et les bêtes à l'engraissement étaient clairement les plus touchés.
Des conséquences qui dépassent les seuls décès
Pour le vétérinaire, les animaux morts ne représentent qu'une partie du problème. Les fortes chaleurs ont également des répercussions sur les performances des troupeaux.
On voit déjà des chutes de production laitière dans les élevages laitiers. Forcément, la chaleur joue aussi sur la fertilité. Les vaches peuvent avoir de la mortalité embryonnaire dans les premiers mois de gestation. Les taureaux de reproduction voient également leur fertilité diminuer lorsque les températures sont trop élevées.
Les conséquences pourraient donc encore se faire sentir dans les prochains mois. Les éleveurs risquent de voir naître moins de veaux cet hiver et doivent déjà adapter leurs pratiques, notamment en multipliant les inséminations.
Probablement que dans les mois qui suivent, on constatera moins de vêlages. Les vaches n'ont pas pu être pleines à ce moment-là ou ont perdu leur veau de manière précoce. Aujourd'hui, on insémine davantage de vaches pour compenser cette baisse de fertilité. Il y a deux ans, la langue bleue avait provoqué beaucoup de pertes dans les ovins. Cette fois, c'est la chaleur. C'est la première fois que je vois une période aussi chaude, aussi longue et avec si peu de pluie.
Après les maladies qui ont marqué les élevages ces dernières années, les vétérinaires voient désormais les canicules devenir un nouveau défi.