Agriculture

Sécheresse : des vaches déjà nourries comme en hiver

publié le:16/07/2026 16:29:00 - mis à jour: 17/07/2026 14:49:52

Les fortes chaleurs et le manque de pluie ont asséché les prairies. À Pondrôme, près de Beauraing, un éleveur doit déjà distribuer du fourrage à ses vaches pour compenser le manque d’herbe.

En plein été, les vaches de la famille Henin sont nourries presque comme en hiver. Les deux vagues de chaleur qui se sont succédé ont asséché les prairies, au point d'obliger Jean-Philippe Henin à puiser dans ses réserves de fourrage.

Il y a trois semaines, elles étaient encore 100 % à l'herbe, jour et nuit, au pâturage. Maintenant, l'herbe est trop basse. On a dû augmenter la part de concentrés pour équilibrer la ration. Résultat : nos coûts ont fortement augmenté pour maintenir la production de lait et garder nos bêtes en bonne santé.

Toutes les prairies ne sont toutefois pas touchées de la même manière. À Pondrôme, la situation est aussi liée aux particularités du terrain. Les terres de Famenne sont plus pauvres qu'ailleurs.

Ici, les orages passent souvent à côté. Les derniers épisodes, certains ont été inondés, alors que nous, on a reçu seulement six litres. Et puis nos terres, ce n'est pas vraiment de la terre : c'est du caillou avec un peu de terre. Ça draine énormément et ça devient très sensible aux vagues de chaleur et au manque de pluie.

Selon Damien Rosillon, responsable du département agro-météorologie au Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W), la situation dépend en effet des précipitations locales et de la nature des sols.

Certaines régions ont été davantage épargnées grâce aux orages ou aux précipitations reçues ponctuellement. C'est vraiment une situation au cas par cas. Mais on voit de plus en plus d'éleveurs qui doivent utiliser le fourrage prévu pour l'hiver afin de compléter l'alimentation de leurs bêtes.

La chaleur pèse aussi sur les animaux

Le manque d'herbe n'est pas la seule difficulté pour les éleveurs. Les températures élevées provoquent également un stress thermique chez les bovins, comme le confirme le responsable du CRA-W:

Les animaux souffrent davantage de la chaleur que nous. Cela peut avoir des conséquences sur leur bien-être, mais aussi sur la production de lait et la prise de poids.

Face à la répétition des épisodes secs, Jean-Philippe Henin a revu la taille de son exploitation. En 2021, il a choisi de réduire son troupeau.

Nous avons fait partir 30 vaches et nous nous limitons aujourd'hui à 60 animaux. Cela met moins de pression sur nos prairies et nous avons besoin de moins de fourrage. Nous produisons moins de lait, mais nous sommes davantage autonomes.

L'hiver déjà dans toutes les têtes

Malgré les prairies grillées, l'éleveur garde espoir de retrouver un fonctionnement normal si les pluies reviennent.

Une fois qu'il pleuvra, l'herbe repartira. On fait le gros dos en attendant et on prend soin des bêtes. L'objectif est de pouvoir revenir à un système basé sur le pâturage.

Mais l'inquiétude porte déjà sur l'hiver prochain. Si les stocks constitués au printemps sont utilisés trop rapidement, il faudra acheter du fourrage dans un contexte de sécheresse généralisée en Europe.

Avec la sécheresse qui touche aussi des pays comme la France, l'Espagne ou l'Italie, le fourrage risque de coûter beaucoup plus cher...

En attendant, chaque averse est désormais attendue avec impatience.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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