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Céline, tutrice de mineurs étrangers : « Cela a bouleversé ma vie ! »
publié le:14/03/2023 12:00:00 - mis à jour: 15/03/2023 09:08:45
La Belgique est en manque de tuteurs pour les Mena, les mineurs étrangers non accompagnés, qui arrivent sur le territoire. Dans la région, Céline a douze pupilles sous son aile dont Kabir et Rolande. Rencontre.
À quelques jours d'un entretien capital pour son avenir sur le sol belge, Kabir revoit point par point son dossier avec Céline, sa tutrice, et Amélie, la référente du centre Croix-Rouge de Natoye, où il réside actuellement. Le 20 mars prochain, devant le commissariat général aux réfugiés, le jeune Afghan devra défendre son cas lors d'une interview longue de quatre heures. Il devra expliquer les raisons qui l'ont poussé à quitter son pays et prouver qu'il s'intègre à la vie occidentale. Amélie Leroy donne plus de précisions sur cet entretien crucial :
C'est là que tout se joue. Il est pour le moment dans l'incertitude de savoir s'il reste en Belgique ou non. Cette interview représente son ticket d'entrée pour le pays.
Une aide judiciaire et administrative
Pour l'aider dans ses démarches, Kabir peut compter sur sa tutrice. Comme il est mineur, Céline Alonso représente l'autorité parentale. Elle gère les volets judiciaires et administratifs avec l'aide d'un ou d'une avocate.
On est tout simplement là pour eux. Ce n'est pas nous qui répondons à leur place. Ce n'est pas nous qui décidons non plus, malheureusement. Il arrive que certains jeunes nous appellent maman. On se doit alors de reclarifier le rôle pour ne pas qu'il y ait de malentendus.
Il y a quelques années, Céline a décidé de s'investir dans un collectif rochefortois actif dans l'aide aux migrants en transit. Une décision qui a changé le cours de sa vie et son parcours professionnel. Aujourd'hui, elle cumule son rôle de tutrice avec un poste à la maison médicale de Houyet.
J'ai vraiment senti qu'une flamme se rallumait en moi. Je me suis sentie progressivement mise sur mon chemin de vie. L'élément déclencheur, c'est le jour où j'ai assisté à un regroupement familial à l'aéroport. Le jeune avait 18 ans, il n'avait plus eu de contacts avec sa famille depuis cinq longues années. Je suis encore tout émue rien que d'y repenser.
Pas tous dans des structures d'accueil
Si la plupart des mineurs non accompagnés sont hébergés dans des structures d'accueil comme le centre Croix-Rouge natoyen, certains vivent avec un membre de leur famille. C'est le cas de Rolande. Cette Congolaise de 15 ans est à Ciney avec sa tante. Contrairement à Kabir, Rolande a déjà passé son entretien. Elle attend une réponse des autorités belges.
Je me sens en sécurité en Belgique parce que je suis avec ma tante.
Tous les jours, des mineurs étrangers arrivent en Belgique. Le pays manque cruellement de tuteurs pour les accompagner, mais aussi de familles d'accueil et de parrainage.