Ciney

Cheffert à l'Evêché: "I want my money back"

publié le:17/05/2017 10:53:00 - mis à jour: 17/05/2017 19:20:39

Lors de son discours officiel sur la place Monseu, le bourgmestre Cheffert a rappelé son désir de faire participer la Fabrique d'Eglise aux Travaux. Comment? En vendant un tableau qui vaudrait... 2 millions€!

Mardi 10h, place Monseu. Le moment est solennel. Dans quelques instants le nouveau clocher va être hissé au sommet de la Collégiale. Le bourgmestre Jean-Marie Cheffert prend la parole. Au détour des remerciements de rigueur, une phrase évoque la vente d'un tableau pour financer les travaux. Le moment n'est pas anodin, le bourgmestre voudrait faire passer un message subliminal qu'il ne s'y prendrait pas autrement. "Un message plus que subliminal, même!" insiste-t-il quelques heures plus tard. "I want my money back!", aurait dit Thatcher dans les années '80... Jean-Marie Cheffert argumente:

"Je n'ai pas envie de créer une polémique car c'est un beau moment pour les Cinaciens. Je serai donc très concis. Quand on a commencé les travaux de reconstruction à l'intérieur de la Collégiale, on a repris un tableau qui se trouvait là avec les pigeons depuis six ans. L'architecte et la personne responsable des Monuments et Sites ont découvert que ce n'était pas une copie, ce que tout le monde pensait pourtant, mais un original de Delcourt. On s'est demandé si cela valait de l'argent, et nous on a répondu: oui cela vaut beaucoup d'argent, on a même cité deux millions d'euros. J'ai appelé le président de la Fabrique d'Eglise pour dire: il y a un problème. Cette reconstruction va coûter 4 millions dont plus ou moins trois millions à charge de la Ville de Ciney. Est-il normal que les citoyens de Ciney contribuent pleinement à cela si dans le même temps on a des possibilités financières au niveau de la Fabrique? Question qui me paraît pertinente! Directement, j'ai eu une réponse de l'Evêché: non c'est à nous, on n'y touche pas. Mieux: on nous demande de payer 25.000€ pour le restaurer. A un certain moment il ne faut pas dépasser l'entendement. Je continuerai à discuter si cela en vaut la peine. Si on me dit que finalement cela ne vaut pas grand-chose, je ne vais pas mener un combat, mais c'est tout simplement un problème d'équité."

Le président de la Fabrique d'église Bernard Fondaire est conscient de la nécessité d'un effort du pouvoir religieux mais réfute la proposition du bourgmestre:

"Je voudrais d'abord remercier la Région et la Commune des efforts financiers pour la reconstruction de cet édifice classé. En ce qui concerne l'œuvre d'art, elle est classée comme l'ensemble de l'édifice et ne peut être cédée. Le Conseil de Fabrique doit protéger le patrimoine religieux et ne peut le céder sans des dérogations données de façon très parcimonieuse par le pouvoir religieux et par le Patrimoine. Il est vrai que de temps en temps une statue est remplacée par une copie. C'est indifférent pour celui qui voit cette statue. Mais ici il s'agit d'une œuvre classée qui appartient au Patrimoine et qui sera normalement replacée au même endroit après sa rénovation. Je pense qu'il est légitime de demander que chaque partie participe à l'effort financier en cours. Il va d'ailleurs y avoir une asbl Les amis de la Collégiale qui va nous aider à parachever l'ensemble des rénovations en ce qui concerne le mobilier."

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