Depuis 2018 pour Rochefort et fin 2020 pour Ciney, les deux villes ont le statut de communes hospitalières. Comment ce label se traduit-il dans les faits? Nous leur avons posé la question.
A Ciney, depuis juin dernier, une maison près du centre-ville accueille une petite vingtaine de migrants. Elle appartient à la commune, explique Jean-Marc Gaspard, l'échevin des affaires sociales:
C'est une maison qui appartient à la Ville, mais qui est à vendre. Il y a des potentiels acheteurs qui y passent, mais en attendant nous la mettons à disposition de la « Plateforme citoyenne » qui entoure les migrants.
Ce prêt est la première initiative de Ciney depuis qu'elle est devenue «commune hospitalière» en décembre 2020. En votant cette motion, Ciney s'est engagée à accueillir les migrants quel que soit leur statut. Malheureusement, cette habitation n'est que temporaire ajoute l'échevin:
La maison a été estimée en 160.000€. Une telle somme n'est pas négligeable pour une ville comme Ciney. Nous ne pouvons pas nous permettre de passer à côté pour l'utiliser pour toujours comme refuge. Financièrement, nous ne pouvons pas nous le permettre.
Le geste de la Ville de Ciney trouve en réalité sa source dans une indignation citoyenne. En février 2021, une offensive hivernale s'abattait sur la Belgique. Les Cinaciens s'étaient alors indignés en voyant des personnes dormir dehors par ce temps. À l'époque, l'administration communale avait pris contact avec la fabrique d'église de Ciney. Cette dernière avait prêté un logement. Aujourd'hui, le bien est en rénovation et va accueillir un prêtre. Il a donc fallu trouver une solution et cette maison à vendre a été proposée par la Commune.
La cantine famennoise très active
L'autre « commune hospitalière » de l'arrondissement, c'est Rochefort. Le conseil communal a voté cette motion depuis 2018. Il faut dire qu'en terres rochefortoises, la Cantine famennoise, une association citoyenne, a mis cette problématique sur la table du conseil communal. Début 2021, l'ancienne école de Lavaux Saint-Anne a été prêtée à l'association pour stocker son matériel. Avec l'hiver qui arrive, le lieu pourrait changer d'affectation, détaille Paul Malet, un membre de la Cantine:
Après discussion avec la commune, on pourra peut-être déplacer notre stock pour permettre à quelques personnes de passer les nuits là-bas quand les températures seront plus basses. Ces séjours seraient très courts parce que l'école n'est pas équipée pour recevoir du monde sur du long terme.
Sans l'intervention de ces bénévoles, ces personnes seraient condamnées à dormir dehors durant tout l'hiver. En mettant à disposition cette école et en subsidiant la cantine famennoise, Rochefort estime remplir son rôle de «commune hospitalière». Néanmoins, cette aide précieuse reste insuffisante alors la cantine élargit les pistes:
Nous avions introduit une demande auprès du Domaine de Chevetogne pour voir si on pouvait loger des personnes chez eux. Nous venons d'apprendre que c'était accepté contre le paiement d'un loyer. Grâce à un subside reçu de la Région wallonne et de l'ASBL Vivre ensemble nous pourrons assurer le paiement de ce loyer. Un espace pour 20 personnes est prévu pour décembre et si d'autres hébergements touristiques se libèrent plus tôt, ils nous aviseront.
Ciney réfléchit à des solutions en 2022 lorsque la maison sera vendue. IMalgré les bonnes volontés, dans ces deux communes, comme ailleurs en Wallonie, il manque toujours des structures fixes pour accueillir ces personnes de passage qui fuient souvent la guerre et la famine dans leur pays.