ADN

Comment réagir face au racisme?

publié le:25/06/2020 09:09:00 - mis à jour: 25/06/2020 09:57:19

Camille Szabo a 20 ans, habite Leffe, et fait partie du groupe ADN. Cette semaine, ces jeunes de 16 à 23 ans ont réagi sur le thème du racisme. Camille nous explique comment réagir face à lui.

Qu'il soit systémique, ordinaire, structurel, du premier degré ou autre, il s'agit toujours bel et bien de racisme. Il est partout, plus présent à certains endroits, à certains moments, mais reste malheureusement omniprésent. Camille Szabo a 20 ans et habite à Leffe. Elle a déjà été victime de remarques racistes, des paroles qu'elle ne pourra jamais oublier. Camille a choisi d'aller manifester récemment. Dans la vidéo ci-dessus, elle explique comment, selon elle, il faut faire face et réagir devant des propos ou des actes racistes. Dans ses paroles se mêlent l'incompréhension et la colère. On le sent, cette situation est très complexe pour Camille, tiraillée entre les comportements qui lui ont été inculqués (rester fière et digne et ne pas se laisser emporter) et d'un autre côté ce besoin grandissant d'exprimer sa colère face au racisme. Cette colère, Camille a choisi de la crier en manifestant, en parlant, en s'exprimant de façon pacifique. Mais la tristesse est bien là aussi.

L'incompréhension

D'une manière générale, en parlant avec les jeunes du groupe ADN via Skype, en voyant leurs vidéos sur le sujet, on remarque que le premier sentiment qui est commun à toutes et tous, c'est l'incompréhension. Aucun ne comprend comment et pourquoi faire une différence à cause d'une couleur. Et je me suis dit que si tous les jeunes disaient et pensaient comme eux, comment se fait-il alors que la racisme soit si présent? Est-il l'apanage des générations plus âgées? Je leur ai posé cette question, qui est restée là avec peu de réponses, si ce n'est que ces jeunes se disent effectivement plus ouverts que leurs aînés. Alors, croisons les doigts, cela va peut-être aller en s'améliorant...

             >>>> cliquez ici pour voir la vidéo ADN sur le racisme

L'éducation

Pour nos jeunes, le salut viendra de l'éducation. Il faut éduquer les enfants dès le plus jeune âge à la diversité, à la tolérance et à l'ouverture d'esprit. Aussi, il faut "déconstruire" des idées ancrées culturellement en provoquant la rencontre de l'autre et la découverte, de manière à casser la vision suivante: "Parce que tu as une couleur, tu es différent.e". Dans cette idée, le témoignage de Laurie est assez interpellant. Elle a été élevée par ses grands-parents du côté de Vencimont. Elle dit avoir reçu une éducation tout à fait locale et regrette même ne pas avoir pu bénéficier en parallèle d'une éducation africaine, en rapport avec ses racines. Elle le dit elle-même: "Je suis super blanche en fait". Pourtant, malgré le fait qu'elle ait grandi à Vencimont et ait reçu une "éducation locale", elle peut faire l'objet d'une discrimination de la part de certaines personnes.

La force et la nécessité "des couleurs"

En parlant de couleurs: Etienne Grégoire a choisi de parler du racisme avec ses mots, mais surtout avec sa palette de couleur. Avec cette jolie métaphore, il amène l'idée que la diversité des couleurs est une force et un atout plutôt que l'inverse. Un point de vue artistique d'une grande justesse, qui fait du bien.

           >>>> cliquez ici poir voir la vidéo du dessin d'Etienne Grégoire.

 

Le racisme ordinaire et systémique

Selon nos jeunes, son parle certes moins de racisme dans nos régions rurales. Mais il est pourtant bel et bien là et se manifeste souvent sous forme de racisme ordinaire, par des petites phrases ou certaines attentions, explique Zoé:

Parce qu'ils voient que j'ai une couleur de peau plus foncée, les gens se sentent obligés de me demander si j'ai des origines. Le racisme, c'est ça, c'est rappeler à la personne qu'elle a une couleur différente, c'est rappeler à la personne qu'elle ne vient pas d'ici.

Ainsi donc, devant ce témoignage, on se dit que certains posent parfois cette question par curiosité, tout simplement, il ne faut pas nécessairement voir le mal partout. Mais on se dit aussi que malheureusement, suivant la réponse à cette question, le comportement de certain.e.s pourraient varier.

Laurie parle aussi de racisme systémique, dans la discrimination à l'embauche, qui n'est malheureusement plus à prouver. Pardonnez-moi pour la suite, mais quand Laurie Van Buggenhout, 21 ans, qui a vécu toute sa vie à Vencimont, va vouloir chercher un emploi, comment accepter l'idée qu'elle aura statistiquement plus de chance de décrocher un entretien en ne joignant pas sa photo à son CV...comment?

Arnaud Wuyard, Journaliste
arnaud.wuyard@matele.be

 

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