Le bourgmestre de Vresse, Arnaud Allard, en a ras-le-bol: trop de projets seraient ralentis par des habitants qui pensent d’abord à leur bien-être et pas assez au mieux être commun. Exemple à Bohan.
Dans la commune de Vresse-sur-Semois, à Bohan, les balades en forêt sont nombreuses et appréciées de tous, habitants comme visteurs. Le bourgmestre, Arnaud Allard, voudrait mener des travaux pour mieux aménager une partie du parcours. La Commune souhaite créer une sorte de RAVeL dans les bois, derrière des habitations. Le hic, c'est que les propriétaires de deux des maisons dernières lesquelles passeraient le chemin ont introduit des recours qui ralentissent le dossier alors que certains subsides seront perdus en fin d'année si les travaux ne sont pas réalisés. Le bourgmestre, Arnaud Allard, est exaspéré par ce type de comportement:
Malgré qu'on a des concertations, qu'on explique ce qu'on va faire, ces riverains ne veulent pas l'entendre. Ils souhaitent d'autres alternatives et disent «oui, on est d'accord pour les projets, mais pas chez nous. C'est ce qui se passe à Bohan, mais ailleurs aussi. L'égoïsme et les libertés individuelles sont vraiment exacerbés.
Le comportement décrit par le bourgmestre porte un nom, le syndrome Nimby pour "not in my backyard", "pas dans mon arrière-cour", en bon français.
Les arguments des riverains mécontents sont de plusieurs types: les cyclistes auront une vue plongeante sur leur intimité, la palissade proposée pour cacher n'est pas esthétique, au moins un arbre remarquable sera coupé et d'autres alternatives existent. Viviane Bertholet Lemmens et son mari, sont opposés au projet. Leur maison de Vresse est leur seconde résidence et ils reconnaissent qu'il y a une part de ce syndrome dans la motivation de leur recours:
Effectivement, je connais ce syndrome, c'est la même chose pour les éoliennes, c'est la même chose pour toutes sortent de choses. Nous en sommes bien conscients. Quand une éolienne est installée, je pense que c'est installé avec l'idée que c'est vraiment utile. Ici, nous ne pensons pas que ce chemin soit utile.
Un projet datant de 1996
Pourtant, ce projet est dans les cartons de la Commune depuis 1996 au moins. Il s'agit du chaînon manquant d'une boucle cyclable transfrontalière, la Trans-semoysienne, comme l'explique le responsable de l'Agence de développement local, Pierre Poncelet:
Du coté français, le tracé est déjà fait en asphalte. Chez nous, cela fait cinq ans que nous travaillons à l'élaboration du projet. Plusieurs tronçons sont concernés. À Bohan, cela concerne 1,5 kilomètre de sentier. Ce serait dommage qu'il ne voit pas le jour. Nous devons faire les travaux cette année pour avoir droit à certains subsides que nous sommes allés chercher. Nous avons donc introduit une demande de permis auprès de la Région Wallonne. Une autre demande est en cours pour la création d'une voirie, c'est sur ce point que le recours des riverains a été déposé. Nous aimerions mettre un sol hydrocarboné.
En fait, les riverains visent un point de procédure non respecté, selon eux, par la commune pour leur recours auprès du ministère de tutelle. Ce type désagrément, Arnaud Allard explique le vivre dans de nombreux dossiers. En plus à Vresse, près d'une maison sur deux appartient à un second résident. Les plaintes viendraient surtout de ces habitants alors qu'ils ne votent pas dans la commune. Cette situation est difficile à accepter pour le plus jeune bourgmestre de Wallonie:
Dans tous les recours que nous avons il y a une grande proportion de seconds résidents. Il ne faut pas nier non plus que certains habitants à l'année sont parfois opposés. Je ne remets pas en cause ici la démocratie, tout le monde à le droit d'exprimer son désaccord dans un projet. Ce qui est dommage, c'est qu'on est sur des projets qui datent de bien avant notre législature. Ils sont portés à l'unanimité, opposition comme majorité.