Cour d'Assises: Olivier Baudoin a donné de multiples versions

publié le:05/06/2016 20:40:05 - mis à jour: 06/06/2016 17:29:58

Le procès d'Olivier Baudoin, accusé du meurtre de sa femme Isabelle Humblet, débute ce lundi devant la cour d'Assises de Namur. L'acte d'accusation souligne les nombreuses versions données par l'accusé.

Au petit matin du 12 novembre 2013, la police a été appelée pour constater un décès par pendaison dans une ferme d'Herbuchenne où vivaient Isabelle Humblet, son époux Olivier Baudoin, et leurs deux enfants âgés de 13 et 12 ans. La victime est Isabelle Humblet, retrouvée au sol dans une grange, une corde rompue autour du cou.

Olivier Baudoin explique aux policiers avoir eu une explication avec son épouse pendant la nuit à propos d'une infidélité de cette dernière. Vers 6h du matin, il a constaté de la lumière dans la grange, s'y est rendu et a découvert sa femme. Son explication est la suivante: son épouse s'est probablement suicidée en se pendant à l'échelle, la corde a rompu et le corps s'est retrouvé au sol.

L'enquête démarre par un couac

L'enquête policière qui suit démarre par un couac. Les policiers, dans un premier temps, ne voient rien de suspect. Ils tentent d'aviser le substitut de garde de nuit pour l'arrondissement de Dinant, mais suite à une erreur administrative, il n'y a pas de substitut de garde. Ils avisent le substitut de Namur. A 8h, le substitut de garde de jour à Dinant est avisé des faits et demande immédiatement une enquête. La victime, cependant, a déjà été toilettée et une blessure au crâne est en train d'être suturée aux pompes funèbres lorsque la police demande qu'on laisse le corps en état.

En remontant les appels téléphoniques, la police découvre rapidement qu'Olivier Baudoin a une relation suivie avec une dame, prostituée de son état.

Les jours suivants, la version d'Olivier Baudoin varie, et il finit par admettre, le 21 novembre, que c'est lui qui a causé la mort de sa femme: il a eu une violente discussion avec son épouse, il a eu un accès de rage, a poussé son épouse, et tenté de maquiller cet homicide en suicide. Cette  version a beaucoup varié au fil des jours. Dans une version ultérieure, Olivier Baudoin indique avoir poussé Isabelle Humblet dans le vide après lui avoir accroché la corde au cou. Les analyses médico-légales ne confirment en tout cas pas l'hypothèse d'une strangulation par pendaison.

Le meurtre était-il prémédité?

En outre, l'enquête s'est attachée à expliquer la présence dans le sang de la victime d'un médicament qui aurait pu la rendre somnolente. Olivier Baudoin a admis que c'est lui qui a donné ce médicament à sa femme. Mais ici aussi, la version de l'accusé a varié à plusieurs reprises, ce qui donnera des arguments à l'accusation qui cherche à établir que l'homicide a été prémédité. Une grande part du procès tournera probablement autour de la préméditation des gestes qui ont conduit à la mort d'Isabelle Humblet.

Enfin, l'enquête n'a révélé aucune liaison extra-conjugale dans le chef d'Isabelle Humblet. Ni les relevés téléphoniques, ni l'analyse ADN sur les accessoires sexuels produits par l'accusé, n'ont permis d'établir la réalité d'une infidélité d'Isabelle Humblet qui aurait pu expliquer un coup de colère chez son mari.

L'enquête de moralité décrit Olivier Baudoin comme "travailleur, serviable, perfectionniste, maniaque de la propreté, courageux, orgueilleux, fidèle à ses idées, très organisé et aimant se mettre en avant et faire étalage de sa réussite. C'est une personne réfléchie et non violente."

L'enquête de moralité décrit Isabelle Humblet "comme étant une personne foncièrement gentille, toujours souriante, serviable, calme, et discrète, n'élevant jamais la voix et ne s'énervant pas, posée et réservée, d'une douceur incroyable ainsi que fort sensible aux autres".

Le procès débute ce lundi devant la cour d'Assises de Namur. Il devrait durer jusqu'au lundi 13 juin.

 

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