Patrimoine

Dinant : L'avenir de l'ancienne ERSO en suspens

publié le:20/07/2026 16:02:00 - mis à jour: 22/07/2026 13:49:50

La Défense conservera l'ancienne École royale des sous-officiers de Dinant au moins jusqu'en 2030. Une décision qui met un coup d'arrêt aux projets de réhabilitation portés par la Ville. Explications.

Le bâtiment de l'ancienne École royale des sous-officiers de Dinant a bien failli changer de vocation. La Ville de Dinant a récemment multiplié les démarches pour réhabiliter ce site, aujourd'hui propriété de la Défense. Une partie des bâtiments appartient à la Régie des bâtiments, qui les met à disposition de la Justice. Les ambitions de la Ville ont vite été freinées. Le site conservera finalement sa fonction actuelle au moins jusqu'en 2030. Une décision qui déçoit les autorités communales. Richard Fournaux, bourgmestre de la Ville :

Une délégation du collège a été reçue par Madame Matte, qui est la ministre chargée de la Régie des bâtiments. Nous avons été bien reçus et on nous a expliqué qu'à terme, la Justice, ici, allait regagner le palais de justice du centre-ville, lorsque celui-ci aura connu quelques réaménagements, et que donc, à terme, les bâtiments allaient être mis en vente. Nous avons commencé à chercher un véritable acquéreur. Nous sommes allés les voir en Flandre avec Niels Becker, mon premier échevin, et nous avons rencontré ces investisseurs qui étaient assez séduits par le site.

Le refus de vendre les bâtiments est justifié par le ministre de la Défense, Théo Francken, qui invoque, dans un courrier adressé au bourgmestre, la nécessité de conserver une réserve stratégique :

Il serait prématuré d'affirmer à ce stade que la Défense ne pourrait recourir à ce site pour la couverture de ses besoins propres à partir de 2031. Par ailleurs, d'éventuelles synergies fédérales ne peuvent actuellement être exclues. Finalement, ni la Défense ni la Régie ne peuvent procéder à la vente directe du site à des groupes d'investisseurs privés.

Pour le bourgmestre, l'essentiel est désormais d'éviter que le site ne soit laissé à l'abandon. Il estime également indispensable de clarifier l'avenir de l'ensemble du domaine :

Moi, j'en ai un peu marre de voir ce bâtiment qui ne sert à rien. Tout ceci a été construit par l'État belge pour sa défense nationale. Ce sont des bâtiments solides, comme l'armée pouvait en faire. Et ça ne va pas de voir un patrimoine pareil, délaissé, abandonné. Si jamais on devait avoir des bâtiments ici squattés, ce serait une catastrophe.

Du côté du promoteur, d'autres sites pourraient être proposés. À moins qu'il ne préfère patienter jusqu'à l'échéance fixée par la Défense. Sans aucune garantie, toutefois, que celle-ci décide un jour de céder les bâtiments.

Fiorine Guéry, Journaliste
fiorine.guery@matele.be

 
 

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