Dinaphi: tensions autour du coût de la rénovation de Baronville

publié le:29/06/2015 16:09:48 - mis à jour: 30/06/2015 10:44:00

Le coût de rénovation du bâtiment destiné à l'Etat-major de la zone Dinaphi pourrait quasiment doubler, passant d'un million€ à deux. Certaines communes remettent en cause son ambition. Tensions.

La tuile. A-t-on sous-estimé le coût de la rénovation du grand bâtiment de l'ancienne base de Baronville destiné à accueillir le dispatching Cozis et l'Etat-major de la zone Dinaphi? Il apparaît en tout cas que des coûts non prévus viennent alourdir la note finale. Alors que le conseil de zone s'était entendu sur une enveloppe globale d'un millions d'euros, le coût final, TVA et frais d'architecte et d'ingénieur compris, pourrait avoisiner deux millions d'euros.

C'est ce qui a été annoncé lundi au conseil de zone au terme d'une présentation par les auteurs de projet (Atelier d'Architecture Jaquemin et Marchal).

Les auteurs de projet se sont penchés sur quelques "piliers" dans leur étude: le fonctionnel, la prévention incendie, l'énergétique, la vétusté du bâtiment, les PMR et le bien-être et la sécurité au travail. C'est clairement la partie énergétique qui est venue alourdir l'addition de 400.000€ HTVA. Depuis le 1er mai, en effet, la Région wallonne impose des normes plus draconiennes lors de transformation de bâtiment. Autre point qui est venu alourdir l'addition: l'ajout d'une salle de formation non prévue au départ mais qui permettra selon le président de zone François Bellot d'économiser chaque année 100.000€ en déplacements divers des pompiers de la zone vers le centre de formation à Namur.

David Clarinval, bourgmestre de Bièvre, est le premier à rappeler qu'un "pilier" a été oublié: le pilier budgétaire:

"Les normes se rapprochent d'un bâtiment passif, est-on obligé d'aller aussi loin? Et puis, pourquoi extrapoler le coût de rénovation de l'étage dédié au Cozis, qui sera occupé 24h/24, à tout le bâtiment qui sera en partie vide la plupart du temps?"

L'échevin cinacien Frédéric Bottin a embrayé:

"On tourne aux alentours des 1.000€/m2 dans ce projet. Pourquoi ne pas réduire la superficie à 1.000 m2?"

L'architecte a signalé qu'on était loin des normes d'un bâtiment passif et qu'il s'agissait seulement de respecter les nouvelles normes. Il a ajouté que le surcoût pourrait être amorti en dix ans.

Tensions palpables

François Bellot est monté dans les tours en écoutant ces remarques. Selon lui, le non respect des normes de la Région wallonne reviendra à se voir infliger des amendes, ce qui aura aussi un coût. Et la non centralisation des services à Baronville, dans le cas d'un scénario minimaliste de 1.000 m2, continuera à coûter de l'argent en terme d'efficacité et de déplacements. Il a durement critiqué l'attitude de Ciney:

"A chaque mesure, c'est contesté par Ciney. Je n'accepte pas de leçon d'une commune qui a décidé seule de la construction d'un nouvel arsenal que la zone va payer plein pot. Il y a ceux qui critiquent et ceux qui agissent. Je propose que M.Bottin crée un groupe de travail chargé d'étudier les coûts du projet et les alternatives."

Manifestement, personne n'a souhaité, au sein du conseil, rejoindre les rangs de "ceux qui agissent": la proposition de créer un groupe de travail n'a été relevée par personne malgré l'insistance du président. Par contre il a été demandé aux auteurs de projet de préparer des projets de soumission avec ou sans les postes énergétiques. Moyennant cette nuance, le projet a été adopté à la majorité du conseil, les communes de Houyet, Hamois, Hastière, Yvoir et Ciney s'abstenant.

En fin de conseil, François Bellot a adouci son propos en rappelant que le pouvoir en place à Ciney n'était pas responsable de la construction de l'arsenal de pompiers, décidée sous la précédente législature. Néanmoins ce vif échange indique que les tensions restent palpables au sein du conseil. Et ce n'est qu'un début.

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