Jérémy Jaumotte joue à la balle pelote à Havrenne, le club de son village, en Nationale 3 série B. En fin de saison, après 34 ans, il jettera... le gant.
Havrenne, c'est un village de balle pelote, où évoluent les gars du coin, comme Jérémy Jaumotte, par exemple. Certes, il a déjà quitté Havrenne une fois ou l'autre, mais il y est toujours revenu. Aujourd'hui, il joue en Nationale 3B, avec les potes. La saison n'a pas bien démarré, mais le maintien reste envisageable. Enfin de saison, celui qu'on surnomme "Gaucher" dans le milieu rangera le gant. Mais il l'assure: il restera affilé, au cas où... Il était l'invité de Challenge ce lundi.

Jérémy, vous êtes originaire de Havrenne, vous êtes souvent revenu dans votre club de Havrenne aussi…
Jérémy Jaumotte: Oui, soit pour tenter ma chance plus haut, soit parce qu'il n'y avait plus d'équipe de mon niveau. Mais on y revient toujours. Je suis très fier d'y avoir joué et d'y avoir fait la plus grande partie de ma carrière. J'ai débute à Havrenne à six ans.
Havrenne est promu en Nationale 3 cette saison, vous receviez Miavoye dimanche, défaite 3-13 à la clé, le lendemain d'une défaite 13-9 à Saint-Marc…
Jérémy Jaumotte: On a connu un "off-day" total contre Miavoye. On n'a pas livré correctement, on n'a pas frappé. Miavoye n'a pas eu besoin de forcer, il a juste eu besoin de livrer ses balles dans le jeu, vu qu'on ne répondait pas. Le trio de frappe de Miavoye, emmené par Gaëtan Merveille, est redoutable. Samedi, à Saint-Marc, on est mené 7-3 à la mi-temps, alors qu'on a été devant cinq fois 40-15 dans les jeux. On visait trois points sur le week-end, on n'en prend qu'un…
Vous êtes actuellement 9èmes, juste devant le dernier, Pironchamps, qui a fait forfait général, comment s'est composé le noyau de la Nationale 3 de Havrenne cette année?
Jérémy Jaumotte: Vu qu'on montait, on a demandé à Damien Dussard et Jordan Jassogne, qui jouaient à Senzeilles et qui sont du coin, de nous rejoindre à Havrenne. Cela s'annonçait bien pour la saison, mais la mayonnaise ne prend pas directement, mais j'ai bon espoir, ça devrait aller. Il faut qu'on rattrape Vodelée et Dorinne.
Comment se porte le club de Havrenne?
Jérémy Jaumotte: On aligne trois équipes premières (une Nationale 3, une Régionale 1 et un Régionale 3), ainsi que deux formations U10. Je m'occupe de l'une d'entre-elles, dans laquelle jouent ma fille, mon fils et mon filleul. C'est chouette de les voir évoluer rapidement, de les voir attraper la coordination.

"La passion, la grinta ne reviennent pas"
Havrenne a vécu de grandes heures…
Jérémy Jaumotte: Dans les années 2000, Havrenne jouait la tête en Nationale 2 devant 200 personnes. On avait une bonne Promotion aussi. Le club alignait presqu'une équipe dans chaque division. En 2002, j'évoluais en minimes, avec mon équipier actuel Benoît Halin, on avait décroché le titre de Champion de Belgique.
On sent votre passion.. Néanmoins, vous vous rapprochez de la fin de votre carrière de joueur, pourquoi?
Jérémy Jaumotte: Cette décision a été prise à 75% pendant l'hiver. Normalement, fin de l'hiver, début de printemps, quand on voit le soleil arriver, on doit trépigner d'impatience en vue de reprendre la balle pelote. Je m'étais déjà posé quelques questions en fin de saison dernière, mais, comme je m'étais engagé avec Havrenne, j'ai poursuivi. Cette année, la passion, la grinta ne reviennent pas forcément. Je resterai affilié, pour peut-être donner un coup de main dans une des équipes, mais je ne ferai plus partie du six de base. J'ai pas mal d'activités sur le côté, cela devient un peu pesant.
Quel est le fait marquant de votre carrière régionale?
Jérémy Jaumotte: J'en pointe deux avec Havrenne: le titre de champion de Belgique en minimes en 2002 et le titre de champion de Belgique de Promotion en 2018, en étant invaincu.