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ENTRETIEN | Thierry Faveaux : « La Belgique est désormais une nation qui compte dans le trail européen »

publié le:16/06/2026 15:43:00 - mis à jour: 17/06/2026 11:28:09

De retour des Championnats d’Europe de trail disputés en Slovénie, le Condrusien Thierry Faveaux, sélectionneur de l’équipe nationale belge, revient sur les bons résultats de la délégation belge.

Cet entretien revient sur les performances de l'équipe belge lors des Championnats d'Europe de trail disputés en Slovénie. Malgré l'absence de véritables massifs montagneux en Belgique, la délégation nationale est passée tout près du podium. L'entraîneur, le Condrusien Thierry Faveaux, explique ce résultat par l'expatriation de certains athlètes dans des régions plus propices à l'entraînement en montagne, mais aussi par un esprit d'équipe exceptionnel qui a su surprendre les grandes nations de la discipline.

La discussion se poursuit avec l'actualité du club d'athlétisme de l'ARCH, notamment l'organisation des Golden Series à Ciney, ainsi qu'un hommage au regretté Claude Wilmet, figure marquante du sport régional dont l'engagement continue d'inspirer le club.

Comment s'est passé le retour de Slovénie ?

Thierry Faveaux : Sans encombre si on compare à l'an dernier, au retour de Canfranc, où nous avions connu quelques soucis au niveau des vols. Cette fois, tout s'est parfaitement déroulé.

Quel bilan tirez-vous de ces Championnats d'Europe sur le plan sportif ?

T.F. : Je suis vraiment très content. C'était la première fois que nous nous déplacions avec une véritable délégation et des équipes complètes. Les résultats ont été immédiats puisque nous avons flirté avec la médaille, aussi bien collectivement qu'individuellement avec Maximilien Drion. Dans l'ensemble, c'est un très beau bilan.

La Belgique termine quatrième derrière l'Italie, l'Espagne et la Suisse. Que manquait-il pour accrocher le podium ?

T.F. : Il faut aussi regarder derrière nous : l'Autriche et la France terminent après la Belgique. La France reste tout de même la première nation mondiale. Ce qui nous a manqué, c'est surtout la présence de Raoul Raus, malheureusement blessé quelques jours avant l'épreuve. Il fait partie de nos deux leaders avec Maximilien Drion. Avec lui dans l'équipe, je pense que nous pouvions clairement viser une médaille. Dans les deux courses de sélection, Raoul avait d'ailleurs terminé devant Maximilien. Bien sûr, seul le championnat compte, mais nous avions de réelles ambitions.

Ces résultats placent-ils définitivement la Belgique sur la carte du trail européen ?

T.F. : Oui, clairement. Certaines nations sont venues nous voir après les courses pour nous dire : « Maintenant, vous êtes là ». Tous les efforts consentis pour emmener une délégation de cette ampleur aux Championnats d'Europe ont été récompensés. Cela nous donne beaucoup d'espoir et d'ambition pour la suite.

Comment expliquer qu'un pays sans Alpes ni Pyrénées puisse rivaliser avec les meilleures nations ?

T.F. : Beaucoup de nos athlètes font l'effort d'aller s'entraîner à l'étranger. Certains vivent même hors de Belgique. Raoul Raus habite dans les Pyrénées, Maximilien Drion en Suisse, Sophie Crommelinck en Allemagne ou encore Emma Detrembleur en Haute-Savoie. Nous avons quelques expatriés qui bénéficient de terrains d'entraînement idéaux.

Plusieurs Namurois ont particulièrement brillé. Que retenez-vous de leurs performances ?

T.F. : Lucien Dandoit a réalisé une superbe performance avec sa 10e place chez les U20. Son frère Clément a également très bien réussi ses deux courses en montagne, le Up Hill et le Up and Down, contribuant à la quatrième place par équipes. C'est important d'avoir de tels leaders au niveau namurois, d'autant qu'ils sont encore très jeunes. Les perspectives sont excellentes.

La province de Namur était particulièrement bien représentée…

T.F. : Oui, avec notamment Clément et Lucien Dandoit, Étienne Delmet, Emma Detrembleur ou encore Valentine Mathy. Emma a notamment réalisé une très belle course. Ce qui ressort surtout de ces championnats, c'est l'esprit d'équipe. Quand nous avons demandé aux athlètes ce qu'ils retenaient de positif, presque tous ont donné la même réponse : la motivation collective, l'émulation et la fierté de courir pour son pays.

Les différentes disciplines du championnat sont très spécifiques. Comment les distinguer ?

T.F. : Le Up and Down est ce qui se rapproche le plus de ce que nous connaissons en Belgique, même si les montées sont moins longues chez nous. Le Up Hill, en revanche, est impossible à reproduire sur notre territoire. C'est d'ailleurs la seule discipline pour laquelle nous organisons les sélections à l'étranger. Même des sites comme Membre-sur-Semois ne permettent pas de proposer un parcours équivalent.

Quel est votre rôle comme sélectionneur lors de ce type de compétition ?

T.F. : Il est essentiellement mental et organisationnel. Chaque athlète dispose déjà de son propre entraîneur et sait parfaitement ce qu'il doit faire. Nous sommes là pour les accompagner, les soutenir et gérer toute la logistique. Les journées commencent vers 5h30 du matin et se terminent souvent vers minuit après les débriefings.

Comment se déroule la sélection des athlètes belges ?

T.F. : Nous organisons des courses de sélection. Les vainqueurs de chaque épreuve homme, femme et U20 sont automatiquement retenus. Les deuxième, troisième et quatrième seniors peuvent également être sélectionnés à condition que leur temps soit inférieur à 10 % de celui du meilleur Belge. Cela garantit à la fois un niveau de qualité et la constitution d'équipes compétitives.

Avez-vous déjà participé au Jogging du Souvenir à Rochefort ?

T.F. : Non, jamais. Cette course tombe souvent en même temps que le Jogging du Congo à Ciney.

Les Golden Series sont devenues un rendez-vous incontournable de l'athlétisme belge. Comment expliquez-vous ce succès ?

T.F. : Tout est allé très vite grâce au travail de Yoan Gollinvaux, Arthur Grandjean et Pierre Del Forno. Aujourd'hui, la demande est telle que nous devons limiter les inscriptions.

Pourquoi autant de records personnels tombent-ils lors de cette compétition ?

T.F. : C'est un ensemble de facteurs. Toutes les courses sont emmenées par des lièvres qui donnent le bon rythme aux athlètes. Il y a aussi la qualité de la piste, l'ambiance autour de l'événement et souvent des conditions météorologiques idéales.

Cette édition sera la première sans Claude Wilmet. Son absence se fait-elle ressentir ?

T.F. : Oui, bien sûr. Claude nous accompagne encore d'une certaine manière. L'organisation continue, mais lui était le directeur de réunion. Sa présence reste dans tous les esprits et il nous arrive encore de la chercher du regard autour de la piste.

 

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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