À Chevetogne, Madeleine tient « La Lagune », un camion-épicerie en vrac qui demande une plus grande attention que pour un magasin classique. A Dinant, Marie va ouvrir sa librairie-épicerie en vrac. Tendance.
Dans son camion-épicerie «La Lagune» à Chevetogne, Madeleine reçoit ses clients tous les jours, après sa journée de travail. Pour elle, tenir une épicerie de vente vrac demande une attention particulière notamment en termes d'entretien.
Lorsque les gens se servent, généralement ils arrivent à bien viser dans leur pot. Mais parfois, par exemple quand des enfants essayent de se servir, ils en mettent à côté. Ce n'est pas très grave mais ça demande un peu plus de nettoyage que dans un magasin classique où rien ne peut tomber car tout est emballé.
Les produits arrivent à la Lagune en grande quantité. Pour les exposer dans son épicerie, elle doit les sortir de leur contenant initial et le mettre dans des récipients plus petits. Elle prête donc bien attention aux dates limites de consommation pour informer ses clients et pour éviter les pertes de marchandise.
La Lagune, zéro déchet ? Presque.
Les clients de cette épicerie n'ont plus aucun emballage à jeter dans leur poubelle. Malheureusement pour Madeleine, la Lagune ne peut pas en dire autant. La plupart des produits arrivent dans des récipients consignés et réutilisables, mais il y a aussi encore beaucoup de sacs en plastique. Pour la jeune commerçante, il est important que tous les producteurs s'y mettent.
On est embêté avec les plastiques que l'on reçoit. On a posé la question à nos fournisseurs qui, eux, de leur côté, cherchent des solutions. Il y a plein de possibilités notamment avec les plastiques végétaux.
La chaine du zéro déchet a donc encore quelque progrès à faire avant de dire définitivement "adieu" aux emballages jetables.
A Dinant: une librairie-épicerie-vrac

Aussi insolite: à Dinant, Marie Knuts ferme sa librairie du CHU Godinne et va ouvrir une librairie avec un coin vrac en juin. Un grand coin...!
La concession de ma librairie arrivait à terme, alors je cherchais une opportunité à Dinant, car je suis moi-même à la recherche de produits en vrac et il n'y a rien sur Dinant. Au départ, je pensais ajouter un rayon "vrac" mais dès que j'en ai parlé autour de moi, je me suis rendu compte qu'il y avait une énorme attente. Et donc je vais ouvrir 60 mètres carrés. J'ai contacté l'Afsca car il n'est pas facile de trouver des infos sur ce qu'on peut faire. J'ai opté pour un système de silos en hauteur; l'usager se sert par en-dessous, le contenu tombe dans son récipient par simple gravitation. De la sorte, rien ne peut être remis dans le silo.
Une situation que connaît bien le blogueuse "zéro carabistouille" Sylvie Droulans: elle veut lancer un "réseau vrac" comme il en existe en France:
En Belgique, les vendeurs en vrac ne sont pas organisés et n'ont pas un statut comme celui de "conditionneur" en France. Ce que l'Afsca demande, c'est de la traçabilité. Quel que soit le système retenu par le commerçant, le sac d'origine doit être gardé jusqu'à ce que tout son contenant ait été vendu, de la sorte on peut tracer le produit qui a un problème, sa date, son origine, le lot, le fabricant, etc. Le réseau vrac permettrait d'aider les commerçants à se former, s'informer et aider le gouvernement à légiférer sur la question.
