Environnement
31 % des espèces menacées en Wallonie: "on peut agir à son échelle"
publié le:05/02/2018 16:45:00 - mis à jour: 06/02/2018 18:31:14
La pie-grièche écorcheur est devenue très rare en Wallonie
Selon le rapport sur l'état de l'environnement wallon, 31% des espèces sont menacées et 9% ont déjà disparu. Pour Natagora, on peut agir au niveau des agriculteurs, des politiques, mais aussi des citoyens.
31% des espèces wallonnes menacées. Si les statistiques ne sont pas toujours parlantes pour le grand public, Thibaut Goret, Coordinateur du projet LIFE Prairies Bocagères pour Natagora, a une image très concrète pour l'expliquer:
Lorsque l'on prennait la voiture pour faire 100km, il y a une dizaine d'années, on se souvient que le pare-brise était rempli d'insectes morts. Depuis deux ou trois étés, on roule 100 km et il n'y a rien, le pare-brise est presque propre.
Les causes de la diminution de la biodiversité sont nombreuses: urbanisation, espèces invasives, dérèglements climatiques. Mais aussi pratique de l'agriculture intensive. Exemple sur un champ à proximité de Lavaux-Ste-Anne.
Dans ces modèles intensifs, il y a des blocs de parcelles qui font 20 ou 30 hectares. Il n'y a plus un arbre ou une haie présents.
Mais il est possible de gérer autrement un terrain. A quelques centaines de mètres, on observe une nuée d'oiseaux. Et pour cause, c'est une réserve naturelle, dont les mares vont bientôt être restaurées.
On trouve pas mal d'éléments bocagers. Il y a de nombreuses mares. Le triton crêté, une des quatre espèces menacées en Wallonie, est présent ici. De nombreux buissons sont maintenus, il y a des haies qui entourent la prairie. Et puis il y a une gestion prairiale: une prairie avec des fauches tardives. Les oiseaux peuvent trouver ici abondance de nourriture, même en hiver. Ils ont des petites graines, des petits insectes au sol.
Il est aussi possible pour les particuliers d'agir en faveur de la biodiversité. Dans son jardin, par exemple, ou à plus grande échelle.
On peut planter des haies, installer des nichoirs, gérer son terrain de manière à garantir un accueil pour la flore et la faune. Ici en l'occurence, on a planté un verger avec le château de Lavaux-Ste-Anne. Nous avons planté ici 50 arbres avec le financement participatif de citoyens du village. Donc c'est une vraie collaboration entre une association de conservation de la nature, un propriétaire privé sensible à ces questions de biodiversité et des citoyens qui ont parrainé et sont venus planter leur arbre.
Mais toutes ces actions doivent aussi s'associer à une prise de conscience politique. Natagora fait partie des nombreuses associations qui tentent de peser sur les pouvoirs, pour faire de la nature une priorité dans le monde.