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Est-ce que les communes paient Matélé? Oui! (à 6%)

publié le:28/05/2021 07:00:00 - mis à jour: 28/05/2021 09:55:25

Dans les questions (ou reproches) qu'on nous adresse, se retrouve notre dépendance financière aux communes (et donc aux majorités). La vérité est simple: les 15 communes ne contribuent qu'à 6% à notre budget.

Le fonctionnement des télés locales comme Matélé repose essentiellement sur de l'argent public. Voici comment se répartit le budget de Matélé (un peu moins de 1,8 million d'euros):

  • Subside de fonctionnement et aide à l'emploi : 60%

  • Production et activités commerciales : 28%

  • Télédistributeurs (Proximus, Voo...) : 6%

  • 15 communes : 6%

Le premier point, ce sont les subsides que nous recevons de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces subsides font l'objet d'une convention entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et les télés locales tous les neuf ans. La négociation pour la reconduction de cette convention est d'ailleurs en cours. Ces subsides ne sont conditionnés à rien d'autre que le respect de nos missions (information et éducation permanente, pour faire très court) qui sont évaluées chaque année par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel. Il n'y a donc aucune ingérence dans les contenus informatifs. En d'autres termes, ce n'est pas parce qu'un reportage d'une télé locale a déplu au ministre de l'audiovisuel ou à son parti que les subsides diminuent.

L'autre source d'argent public, ce sont les communes elles-mêmes. Le calcul de leur subside se fait au prorata du nombre d'habitants x 1,28€. Les 15 communes contribuent ensemble à 6% du budget annuel de Matélé, soit en moyenne 0,4% par commune. Ce subside ne comprend aucune obligation journalistique envers la commune: il n'y a pas de quota de reportages par commune, encore moins d'obligation de reportages "positifs" sur la commune.

Oui, c'est déjà arrivé qu'on "menace" de supprimer le subside

Cela signifie-t-il que les journalistes n'ont JAMAIS entendu un bourgmestre, échevin ou conseiller communal menacer de revoir ce subside? On ne va pas se mentir: oui, cela est déjà arrivé. De mémoire de journaliste pas très ancien dans la boîte (6 ans), je crois que j'ai entendu cela deux fois, de la part d'un bourgmestre qui trouvait que Matélé ne faisait pas assez de reportages dans sa commune, et de la part d'un élu de l'opposition, pour la même raison, lors d'un vote du budget au conseil communal.

Est-ce que ce bourgmestre ou ce conseiller ont-ils eu un déluge de caméras et de micros de Matélé dans leurs communes l'année suivante? Pas du tout. Aucun de nos reportages n'a jamais été influencé par la perspective de perdre un subside communal.

Je me souviens d'un cas, sur un point de friction persistant entre Matélé et une commune, où la rédaction avait fait le relevé du nombre de reportages sur la commune au cours des 12 mois écoulés juste pour démentir le fait qu'il n'y avait pas eu de reportages depuis un an. Cela s'est arrêté là.

Si un jour la rédaction devait constater que les journalistes n'avaient plus mis les pieds dans une commune depuis six mois, le problème serait alors rédactionnel et il y serait remédié car journalistiquement cela ne serait pas normal. Journalistiquement, pas politiquement.

Autant dire donc qu'aucun vent de panique, aucune crainte de "déplaire au bourgmestre", ne nous anime lorsque nous allumons notre caméra ou notre PC...

 

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CDJ

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