"FAUT QU'ON PARLE !" Les titres-services: 150.000 emplois en danger?

publié le:20/03/2014 13:59:16 - mis à jour: 21/03/2014 16:42:17

"FAUT QU'ON PARLE !" Les titres-services: 150.000 emplois en danger?
"FAUT QU'ON PARLE !" Les titres-services: 150.000 emplois en danger?
"FAUT QU'ON PARLE !" Les titres-services: 150.000 emplois en danger?
"FAUT QU'ON PARLE !" Les titres-services: 150.000 emplois en danger?
"FAUT QU'ON PARLE !" Les titres-services: 150.000 emplois en danger?

Les titres-services sont-ils vraiment en crise? En Belgique, 150.000 aides ménagères travaillent dans le secteur. Avec la marge bénéficiaire qui se réduit d'année en année, beaucoup d'employeurs craignent pour l'avenir.

"Pour lancer les titres-services, les pouvoirs publics ont fait preuve d'une extrême générorisité envers les opérateurs et les utilisateurs. Mais comme pour l'aventure des panneaux photovoltaiques, au fil des années, l'Etat a reserré l'étau. Résultat?  Pour les utilisateurs, les prix n'ont cessé d'augmenter. Pour les employeurs,  la marge n'a cessé de diminuer.", explique d'emblée Xavier Laloux, directeur et propriétaire de Domestic-Services , un groupe qui emploie 4800 aides-ménagères et qui a développé 67 agences en Belgique dont une à Rochefort. 
Même si au départ, les entreprises titres-services pouvaient faire de plantureux bénéfices, beaucoup d'entre elles ont pourtant mis la clé sous le paillasson après quelques années. Jean-Claude Shingtienne, permanent syndical pour la CSC a une explication: "Il faut bien admettre qu'un certain nombre d' opérateurs ont joué les escrocs en s'infiltrant dans une filière qui pouvait leur procurer à très court terme d'importants bénéfices. Beaucoup d''entreprises, y compris dans la région de Dinant, ont donc déposé  les comptes et ont été  déclarées en faillite, faute de pouvoir honorer les salaires."

"300 emplois sur le feu en province de Namur"

Aujourd'hui, bien moins subventionné que par le passé, le système titres-services perdure chez certains opérateurs grâce aux réserves financières accumulées lors des "belles années". C'est le cas au  SPAF, le "Service Provincial d'Aide Familiale" installé à Maredsous. L'asbl emploie plus d'une centaine de travailleuses titres-services. Actif dans le secteur non-marchand, le SPAF appartient à une commission paritaire  qui impose des barèmes plus intéressants pour les travailleurs  que dans le secteur commercial. Aujourd'hui, son directeur Didier Dubois est particulièrement inquiet : " Quand les travailleurs ont été engagés, nous avons bénéficié d'avantages dans le cadre des plans d'embauche Activa (terminés aujourd'hui). Nous avions établi un plan financié sur 10 ans et mis de l'argent de côté. Actuellement, nous puisons dans nos réserves pour tenir mais nous ne pourrons plus tenir longtemps. Le secteur du non-marchand a 300 emplois sur le feu en province de Namur". 

 

"Il y a un dénigrement du pouvoir politique"

Les petites entreprises seraient aujourd'hui davantage en danger car elles ne peuvent amortir leur frais que sur un nombre restreint de travailleurs contrairement aux grandes structures qui peuvent faire des économies d'échelles. Mais le financement des titres-services n'est pas la seule préoccupation du secteur. Le passage du titre-service à 9 euros inquiète. "Si 10% des utilistateurs diminuent d'une heure  leur consommation hebdomadaire,  2500 équivalents temps plein soit 4000 emplois seront menacés," enchaîne, Jean- Sébastien Sterck, d'Unitis, l'Union des Entreprises des titres-services. Au 1er juillet, les titres-services seront régionalisés et le système risque d'être modifié. Il reste deux mois avant les élections à Unitis pour continuer à  sensibiliser le monde  politique à la cause des titres-services mais apparemment, ce n'est pas gagné : "Au niveau politique 200 pompiers font plus peur que 150.000 aides ménagères.  Il  y a un dénigrement du pouvoir politique pour ce personnel parce que ce sont des aides ménagères.  Elles ne font pas peur. Elles  ne font pas beaucoup de bruit. Elles ne comptent pas.Voilà la réponse du politique à nos sollicitations" termine Jean-Sébastien Sterck. 

Les invités de notre débat :

- Didier DUBOIS, directeur du SPAF, le Service Provincial d'Aide Familiale, une asbl qui a développé une section titres-services

- Xavier LALOUX, directeur et propriétaire de Domestic services, un groupe qui emploie 4800 aides-ménagères et qui a développé 67 agences dont une à Rochefort

- Jean-Sébastien STERCK, vice-président d'Unitis, la toute jeune Union des Entreprise des Titres-services
- Ciprian BELEAUA,  juriste à l'Onem, l'Office National de l'Emploi 
- Jean-Claude SCHINGTIENNE,  permanent syndical  CSC pour l'arrondissement de Dinant.
 

 

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