Culture

Fin de la gratuité pour les moins de 12 ans : le Conservatoire de Ciney enregistre une baisse chez les plus jeunes

publié le:29/09/2026 12:16:00 - mis à jour: 29/09/2026 15:26:30

Désormais, les parents doivent débourser 95€ de minerval par enfant, ce qui affecte les inscriptions dans les académies. Le Conservatoire de Ciney compte déjà quinze enfants en moins chez les plus petits.

Après le retour à l'école, les enfants ont repris le chemin des cours de musique, de danse et de théâtre au Conservatoire de Ciney. Mais cette année, l'inscription n'est plus gratuite pour les élèves de moins de 12 ans. Elle s'élève désormais à 95€ par enfant, et ce jusqu'à 18 ans. Cette modification pèse dans le budget de certains parents, comme Nicole, qui doit payer l'inscription de ses enfants en plus de la sienne :

Ça demande une organisation financière. Je dois m'organiser pour pouvoir au moins payer pour les deux premiers, parce que j'ai quatre enfants. Et puis je me suis demandé si j'allais moi-même encore m'inscrire, car c'est plus de 200 € pour les adultes. Donc heureusement que j'ai des sœurs qui m'ont aidé à payer le minerval des deux premiers.

Quinze élèves en moins chez les 5 à 6 ans

La fin de la gratuité pour les moins de douze ans se manifeste dans les classes du Conservatoire de Ciney, surtout chez les plus petits. Les inscriptions viennent de se clôturer et l'académie constate déjà une baisse dans certaines tranches d'âge, même si le nombre d'élèves total reste stable. Roberto Sferruggia est le nouveau directeur faisant fonction du conservatoire :

À Ciney, on est un peu sauvé puisqu'on a plus ou moins le même nombre d'inscriptions que l'année dernière, avec une petite différence chez les cinq-six ans, où on a quinze élèves en moins, soit plus ou moins 10%. Mais on a 30 élèves en plus chez les plus de 18 ans, donc cela s'équilibre. 

Pourtant, le directeur est inquiet pour l'avenir.

J'ai un peu peur pour les années à venir, car si on perd déjà quinze élèves cette année-ici, je ne sais pas ce qui va se passer les années suivantes. On a vraiment peur de devenir un enseignement à deux vitesses, on ne veut pas ça. On veut un enseignement ouvert à tout le monde. C'est vrai que c'est non-obligatoire, mais cela fait partie de la culture.

Une charge administrative supplémentaire

Pour le conservatoire, la fin de la gratuité chez les moins de douze ans représente aussi beaucoup de travail administratif supplémentaire, précise le directeur :

L'année dernière, on avait plus ou moins 300 élèves qui devaient payer leur inscription. Cette année, il y en a 850. Donc imaginez un petit peu, il faut vérifier les listes, encoder tout ça dans le programme, faire des rappels... Cela prend du temps. Et l'année dernière, on avait une centaine de personnes qui avaient une exemption du droit d'inscription. Cette année, on en a 250. Tout ça demande un gros travail supplémentaire.

Selon le directeur, le constat est le même dans les conservatoires voisins. Sans compter que les académies ne sont pas les seules concernées, puisque le nouveau décret-programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles impliquait aussi la hausse du minerval dans l'enseignement supérieur.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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