Environnement

Français et Belges manifestent contre le projet d'incinérateur de déchets à Givet

publié le:08/01/2024 16:04:00 - mis à jour: 09/01/2024 12:39:09

Français et Belges manifestent contre le projet d'incinérateur de déchets à Givet

À la frontière française, un projet de construction d'incinérateur de déchets inquiète la population locale et les communes belges limitrophes (Hastière notamment). Ce lundi matin, ils ont manifesté contre.

Une centaine de personnes, des riverains français mais aussi des Belges, ont bravé le froid polaire pour manifester leur mécontentement devant la mairie de Givet. Tous disent "non" au projet d'incinérateur de déchets dans la pointe des Ardennes, à deux pas de la frontière avec la Belgique. Christophe Bertrand, vice-président de l'association "Vigilance Givet", est très remonté:

On ne veut pas devenir la poubelle de l'Europe. On parle tout de même d'un incinérateur qui va brûler 350.000 tonnes de pétrole brut: bitume, asphalte... On va y concasser plus ou moins 100.000 tonnes, le bruit, je vous en parle pas. On aura également le passage de 190 camions par jour.

À ses côtés, Sylvain Baumel, un autre manifestant, abonde dans ce sens:

D'après nos élus, la Pointe des Ardennes est toujours l'endroit idéal pour faire venir des industries qu'on ne veut pas ailleurs et dont le potentiel est fort polluant.

Hastière bien représentée

Parmi les manifestants, les élus de Hastière sont venus en nombre. La commune est amenée à être aux premières loges de ce projet d'incinérateur. Les autorités se sont déjà positionnées contre à l'unanimité. Simon Bultot, bourgmestre de Hastière, n'en démord pas:

Cela ne touchera pas que Hastière, mais aussi Doische, Beauraing, Florennes... C'était important d'être présent pour montrer à la Ville de Givet et surtout à la préfecture, que nous ne sommes pas du tout d'accord avec ce projet et que nous nous batterons pour qu'il ne voit pas le jour.

Philippe Vincke, échevin des Travaux à Hastière, ajoute une couche:

Il faut que les citoyens nous suivent. J'ai lancé une pétition qui, à ce jour, a récolté 2500 signatures. On ne doit rien lâcher.

En 2011, un projet similaire, d'une plus petite ampleur, avait failli voir le jour dans la même région. Déjà à l'époque, les citoyens s'étaient mobilisés contre et avaient obtenu gain de cause. Cette fois, les riverains reprochent en plus un cruel manque de communication.

Nous avons appris d'une manière insidieuse, le 18 décembre dernier, que ce gros projet était dans les cartons. 950.000 tonnes de déchets traités tous les ans, ce n'est pas rien. Treize ans plus tard, on repart au combat.

L'enquête publique a débuté ce lundi 8 janvier, pour une durée d'un mois minimum. Une réunion d'information du promoteur Givet Recycling est prévue dans les jours à venir.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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