Solidarité
Fransiska Wirtz, hébergeuse d'une famille ukrainienne: "ça pourrait être nous"
publié le:11/03/2022 00:00:00 - mis à jour: 11/03/2022 13:01:00
À Sinsin, Fransiska Wirtz héberge, depuis le début de la semaine, Lydmyla et son fils Kolya, deux Ukrainiens ayant fui la guerre. Une réelle complicité est née, malgré la barrière de la langue.
Il y a quelques jours, Lydmyla et son fils Kolya ont fui la banlieue de Kiev, capitale de l'Ukraine. Depuis, ils sont hébergés dans la famille de Fransiska Wirtz, une habitante de Sinsin. La maman ukrainienne ne parle pas un mot de français, ni d'anglais. La seule façon de communiquer reste la traduction instantée sur internet, au moyen de l'application "google translate". L'hôte somme-leuzoise confirme:
On se sert des technologies, qui ont du bon pour le coup. Je suppose qu'on apprendra quelques mots en ukrainien dans les jours qui viennent. On sait par exemple que les mots "abricot" et "chaussette" se disent presque de la même manière dans les deux langues.
De notre côté, on réquisitionne Fransiska pour jouer les traductrices et savoir dans quel état d'esprit se trouve son invitée.
Elle écrit qu'elle est reconnaissante de l'aide reçue ici. Concernant les évènements, elle reste en contact avec des proches via internet. Ils sont désormais en danger. Des missiles sont tombés sur les villes où ils résident.
Quand on évoque Andreï, le mari de Lydmyla resté pour défendre le pays, la jeune femme réagit directement.
Mon mari, ma mère, mon père et mon frère. Tous sont restés là-bas. J'ai dû partir sans me retourner avec mon fils.
Règle numéro 1: ne pas brusquer
Malgré la barrière de la langue, les deux familles apprennent à se connaitre au fil des jours. Fransiska l'avoue, elle tâche de ne pas brusquer ses invités.
S'ils ont envie de dormir ou de s'isoler, on les laisse tranquilles, on les laisse récupérer. Cela a été quatre jours d'un long voyage pour arriver jusqu'ici.
Pour Fransiska, l'arrivée soudaine de ces deux personnes en détresse a bouleversé sa vie et ses certitudes.
Je ne m'attendais pas à rencontrer quelqu'un comme nous. Lydmyla et moi avons le même âge, on a des enfants, on a fait des études dans le même domaine... Cela devrait encourager d'autres personnes à accueillir des Ukrainiens, parce que ça pourrait être nous...
Lundi prochain, le petit Kolya, 9 ans, rentrera à l'école de Mont-Gautuier où il pourra apprendre le français avec ses nouveaux camarades et faciliter le dialogue entre sa maman et son hôte.