Le conseil communal de Gedinne a approuvé à l’unanimité le budget pour l’année 2024. Au centre du débat, l’abattoir de Gedinne dont les tarifs vont être augmentés dès l'année prochaine.
À l'image du Qatar, Gedinne dispose d'une ressource sur son territoire qui permet à la commune d'assurer des rentrées financières importantes chaque année : le bois. S'il s'agit d'or noir dans le sous-sol du Moyen-Orient, sur les terres de la commune ardennaise, on parlera plutôt d'or vert. Le bois, la forêt au sens large, rapporte gros dans les finances gedinnoises : l'estimation pour 2024 s'élève à 1.700.000 euros pour les recettes de ventes de bois (contre 2.400.000 environ en 2023), ajoutez à cela 440.000 euros de location pour les chasses. On est bien loin des montants faramineux du pétrole, certes, mais cette comparaison (grossière) témoigne d'une dépendance tout de même à une matière dont les prix sont régulés au niveau mondial, comme l'explique le bourgmestre, Vincent Massinon :
La complexité de réaliser un budget à Gedinne réside dans le fait que nous dépendons fortement du bois. Nous n'avons aucune maîtrise sur les prix qui sont régulés au niveau mondial. Les prix en septembre étaient très bas, ils sont en train de remonter. En compagnie du DNF, nous avons une vision à long terme pour les abatages. L'estimation pour 2024 est de 1,7 million d'euros de recette pour la vente de bois. Hormis la régulation du prix au niveau mondial, il faut aussi prendre en considération d'autres éléments perturbateurs tels que la crise du scolyte où nous avons dû, il y a quelques années par exemple, procéder à des coupes plus importantes, surtout dans les zones frontalières où la gestion du scolyte n'a pas été optimale chez nos voisins français.
Prix revus à la hausse à l'abattoir de Gedinne
Le budget 2024 présenté par le bourgmestre ce jeudi soir lors du dernier conseil communal de l'année a été voté à l'unanimité (9 oui, 4 abstentions). L'opposition, qui s'est abstenue lors du vote, a salué l'équilibre budgétaire tenu par la majorité. Un climat serein qui a amené les deux camps à débattre sur l'abattoir communal, dont l'ensemble des tarifs pratiqués a été revu à la hausse pour l'année prochaine.
Extrait du débat
Le mayeur défend la hausse des tarifs :
L'abattoir est déficitaire chaque année. Nous pratiquons des tarifs en dessous du coût vérité. Nous n'avons pas d'autres choix que d'augmenter l'ensemble des tarifs. Pour notre abattoir communal, à l'instar de celui de Virton et d'Ath, nous ne pouvons prétendre à obtenir des subsides wallons, dans un esprit d'équité par rapport aux abattoirs privés. Nous ne pouvons également pas faire d'économie sur les frais de fonctionnement qui sont fixes.
Quentin Jacques, pour Ecolo, avance alors une solution :
Ne serait-il pas opportun de pratiquer des prix différents pour les Gedinnois et les éleveurs en provenance d'autres communes ?
Réponse du bourgmestre :
Nous ne pouvons pratiquer des prix différents sachant que nous recevons une aide de 180.000 euros en provenance Parc Naturel de l'Ardenne méridionale qui représente neuf communes.
Quentin Jacques poursuit :
Alors pourquoi ne pas faire participer les autres communes aux finances de l'abattoir ? Sachant que l'abattoir sert aussi à de nombreux éleveurs de communes voisines et parfois plus lointaines. Il n'est pas normal que le contribuable gedinnois soit le seul à mettre la main au portefeuille pour garantir la survie de cet outil dont le rayonnement dépasse nos frontières communales.
Vincent Massinon approuve l'idée :
Dans les prochaines semaines, je vais envoyer une lettre aux communes voisines. Sur base du listing des clients, on pourra déjà avoir une idée précise de qui bénéficie de ce service.
Si bien que le bourgmestre a conclu la séance du dernier conseil communal de l'année en remerciant les quatre membres de la minorité présents pour ce débat constructif.