La petite école de Bourseigne est en difficulté pour la prochaine rentrée scolaire. Il lui manque un élève pour compléter sa classe de maternelle, sans quoi elle devra demander une dérogation.
À l'arrière de l'école de Bourseigne-Neuve, les tours de magie s'enchaînent, sous les yeux ébahis des enfants. À l'occasion de ses portes ouvertes, l'établissement a choisi d'inviter un magicien, mais pas n'importe lequel. Il s'agit de Frédéric Culot, champion de Belgique de magie.
Aujourd'hui, je fais un spectacle de magie qui est spécialement dédié aux enfants. C'est très participatif avec des objets que les enfants connaissent. Ça peut être des foulards, des livres à colorier...
Si le magicien est venu de Bruxelles jusque Gedinne, ce n'est pas un hasard. L'école souhaitait attirer les visiteurs extérieurs à découvrir ses infrastructures, explique Marine Léonard, institutrice maternelle.
On voulait inviter le meilleur magicien pour récompenser nos élèves et ouvrir l'école à d'autres enfants, d'autres villages, pour essayer de faire venir d'autres élèves dans notre belle école.
Un élève pour éviter la dérogation
Ce jour-là, l'ambiance est à la fête, mais l'école est inquiète pour la rentrée prochaine. Il lui manque un élève pour compléter sa classe de maternelle en septembre, note Anne-Lise Colaux, directrice de l'école communale de Gedinne.
On a pour le moment 34 élèves dans l'école. Mais c'est vrai qu'en maternelle, on est sur le qui-vive chaque année. On espère avoir de nouveaux élèves parce qu'on risque de devoir déclencher une dérogation, valable pendant deux ans. Après cela, si on n'atteint pas la norme, on devrait fermer la section maternelle.
La directrice reconnaît que l'implantation de Bourseigne-Neuve est située à l'extrémité de la commune.
On sait que beaucoup de familles vont sur Beauraing parce qu'ils déposent leurs enfants en allant travailler. C'est un peu dommage parce qu'on se dit que faire 5 kilomètres, ce n'est quand même pas beaucoup pour avoir un enseignement de qualité dans des structures qui sont vraiment agréables et familiales.
Pourtant, malgré cette situation, certains parents choisissent d'inscrire leur enfant à Bourseigne-Neuve. C'est le cas d'Angie.
Le choix s'est fait un peu naturellement d'inscrire ma petite à l'école, qui est vraiment à taille humaine. Ils ne sont pas nombreux. Je crois que c'est ce qui a influencé notre décision parce qu'on habite quand même Pondrôme. Je me dis qu'il sera encore temps quand ils seront grands d'arriver dans des plus grosses structures.
La natalité en baisse un peu partout
De plus, Gedinne fait face à une forte baisse de natalité, tout comme d'autres communes rurales, explique Magali Bihain, bourgmestre de Gedinne.
C'est vrai que Bourseigne est décentralisé ou en tout cas plus éloigné que certains centres comme Rienne, où là c'est l'inverse, on doit parfois pousser des murs pour accueillir les enfants. Mais, au-delà du secteur, Patignies qui pourtant bénéficie d'un village avec une population importante, avec Malvoisin à côté, est aussi concerné par une diminution du chiffre avec des questionnements sur le maintien de toutes les classes au niveau primaire. Donc il n'y a pas que la situation géographique qui joue.
Ce qui plaît aux parents et aux enfants, c'est aussi le verger situé à l'arrière de l'école de Bourseigne-Neuve. Lors de ses portes ouvertes, le temps n'aura pas permis de profiter du jardin. Mais l'école espère que l'évènement aura convaincu une famille supplémentaire.