Aménagement du territoire

Havelange: le projet agricole de Jean-Marc Gathy fait polémique

publié le:13/09/2017 14:44:00 - mis à jour: 13/09/2017 18:47:38

Le développement d'un complexe agricole sur l'ancien site de la Scam à Havelange inquiète les villageois. L'enquête publique est clôturée et le collège communal a déjà émis un avis défavorable

Le projet de développement d'un complexe agricole à l'entrée du village d'Havelange, sur l'ancien site de la Scam, a été au cœur des conversations des habitants pendant une bonne partie de l'été.
Le projet a fait l'objet d'une enquête publique pour l'obtention d'un permis unique. Le promoteur, Jean-Marc Gathy, qui a acquis le site il y a quelques années, souhaite y régulariser ses activités, mais aussi y construire des hangars, des hangars de stockage de matériel, d'engrais, de produits phytosanitaires, mais aussi de pommes de terre.

Il est aussi question de construire deux poulaillers pour 13000 volailles. Enfin, la construction d'un bassin d'orage et le forage d'un puits font aussi partie du projet.

Une pétition et 400 courriers contre le projet

Avant qu'il ne soit soumis à enquête publique, les conversations allaient bon train à son sujet. Ensuite, une pétition a circulé, elle a rassemblé près de 100 signatures (des habitants d'Havelange). Puis, c'est un courrier de réclamation contre le projet qui a été adressé à l'administration communale. 400 personnes ont envoyé ce courrier. L'enquête publique s'est clôturée le 28 août dernier.
Si la procédure prévoit que le dossier soit ensuite transmis à la Région wallonne pour avis, le collège a souhaité le compléter avec son avis.

Un avis négatif du collège

" Le projet suscite beaucoup d'interrogations, explique la bourgmestre Nathalie Demanet, et le dossier ne semble pas donner les réponses adéquates. Nous nous interrogeons sur l'impact paysager des constructions qui se situeraient sur une crête, en haut d'une cuvette et donc visible par de nombreux villageois.
Mais ce sont les questions relatives aux nuisances qui trouvent le moins de réponses à nos inquiétudes. Des nuisances de charroi, de bruit et aussi de cohabitation avec tous les usagers des lieux. Comment faire cohabiter la mobilité des nombreux utilisateurs des lieux: les clients des commerces, ceux qui vont aller sur le Ravel et tous les autres qui utilisent cet espace pour les différentes activités qui s'y déroulent avec les activités de l'entreprise, ses camions et ses tracteurs.

Le collège d'Havelange est face à un gros dossier.

" C'est la première fois, depuis quatre ans et demi, que je suis face à un tel dossier, nous confie aussi Nathalie Demanet. Nous, mandataires MR, nous souhaitons soutenir le développement des entreprises, mais pas à n'importe quel prix. Et c'est difficile de donner un avis négatif pour une entreprise en développement."

Des relents politiques ?

Le dossier est d'autant plus délicat que le promoteur n'est autre que le fils d'un échevin.

"C'est vrai que le dossier à des relents politiques, poursuit la bourgmestre, mais, ce n'est pas parce que Jean-Marc Gathy est le fils de l'échevin Jean Gathy qu'on va le laisser faire n'importe quoi. Mais ce n'est pas non plus une raison pour le clouer au pilori. Mon souci est de considérer le dossier en toute objectivité, indépendamment de toutes autres considérations.
Il est possible qu'une partie des réactions négatives de la population ait des motivations politiques, vis à vis de l'échevin en question, et ce à une année du futur scrutin communal, mais je ne le saurai de toutes façons pas."

Les riverains-opposants déterminés à aller jusqu'au bout

Actuellement, à ce stade de la procédure, le dossier est à la Région wallonne. Le fonctionnaire délégué a 60 jours pour se prononcer et remettre son avis. Ensuite, le pouvoir communal devra trancher et rendre la décision finale, d'accorder ou pas le permis demandé.
S'il est positif, ou si le demandeur va en appel d'un avis négatif, les riverains et les opposants aux projets continueront à se battre.

" Nous mettrons toute notre énergie, explique Florence Jadot, une des plus proches riveraines et opposantes au projet, pour que ce dossier n'aboutisse pas. Nous prendrons un avocat, nous demanderons l'avis d'experts et nous maintiendrons la pression. Nous sommes motivés et déterminés à aller jusqu'au bout."

Isabelle Martiat Journaliste
isabelle.martiat@matele.be

 

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