Présents depuis des décennies, les vergers et ruchers mosans d'Olivier Rommel répondent à une philosophie bien précise: la culture raisonnée, en respectant le rythme de la nature.
Bien connus dans la vallée mosane depuis des décennies, les vergers et ruchers mosans sont guidés par Olivier Rommel...et la nature. Olivier Rommel pratique ce qu'on appelle la culture (ou l'agriculture) raisonnée, un mode d'agriculture prenant en considération le respect du bien-être animal, de l'environnement et de la santé du consommateur. Ainsi, sur les hauteurs dinantaise, la nature a son mot à dire. Pas question du culture intensive. D'ailleurs, sur les 11 hectares disponibles, seuls 6 sont plantés pour l'instant, comme l'explique Olivier, le maître des lieux:
Une fois qu'on a arraché des vieux pommiers, on ne peut pas replanter des pommiers directement dessus. Je pourrais planter des patates mais je ne suis pas équipé pour, donc je laisse la terre en jachère, ce qui permet à la faune auxiliaire, à la faune utile de se développer. On a donc des insectes et des insectivores, il y a tout un écosystème dans ces terres en jachère. On laisse faire la nature.
Aussi, Olivier Rommel a installé des nichoirs à mésanges dans les vergers, afin que les oiseaux délestent les arbres fruitiers des chenilles. Le cultivateur est donc très attentif à l'équilibre à avoir entre le monde vivant et ses vergers
Il faut 3 à 4 années pour avoir cet équilibre entre les ravageurs et les prédateurs. mais si vous pulvérisez avec un produit nocif pour l'un des animaux, alors cela déséquilibre tout et il faut du temps pour retrouver cette harmonie. La biodiversité doit être la plus variée possible. Dans un autre verger, où ce sont des pommiers en haute tige, là on ne fait aucun traitement et on collabore notamment avec l'université de Gembloux.
Des arbres cinquantenaires et plus
Généralement, les pommiers sont arrachés après 15 ans (on parle ici pour les basses tiges), mais pas chez Olivier:
Les pommiers que vous voyez aujourd'hui on plus de 40 ans. Les poiriers, qui tiennent plus longtemps, sont encore plus vieux. Mon papa a planté ici en 1963, et j'ai toujours les poiriers d'origine. C'est comme je vous l'ai dit, j'aime laisser la nature où elle veut aller.
Et tout en expliquant cela, il s'arrête et crie "Oh regarde, un faisan" avec le ton émerveillé d'un aventurier. Y'a pas à dire, la biodiversité, ça a l'air de conserver.
Des fruits jusqu'au printemps
Si Olivier Rommel cultive essentiellement des pommes et des poires, on y retrouve aussi des cerises, des coings ou encore des prunes. Fin septembre, c'est la cueillette des pommes, la saison des poires étant finie, même si la cueillette des pommes a commencé début août avec les pommes d'août. Une fois cueillis, les fruits sont triés et stockés dans une pièce frigo. Ce dernier permet ainsi d'écouler le stock de fruits sur l'automne et l'hiver jusqu'au printemps, moment où la saison des fruits va reprendre. Mais attention, la saison prochaine risque d'être moins bonne:
Généralement, quand on a une année exceptionnelle comme celle-ci, la saison suivante l'arbre donne un peu moins car il doit se refaire une santé. La saison prochaine risque d'être donc plus difficile, j'espère que non mais j'en ai bien l'impression.
Les abeilles, reines de la Haute-Meuse
Apiculteur, Olivier compte 80 ruches autour de ses vergers mais il en a aussi à Annevoie, à Hun ou encore à Waulsort:
Ca doit faire environ 120 ruches. Enfin, il faut voir puisque je suis vendeur d'abeilles aussi. Donc quand j'en vends ça fait une en moins. En tout, je dois avoir entre 4 et 5.000.000 d'abeilles.
On a parlé plus d'une heure des abeilles car l'homme est véritablement passionné par le sujet. D'ailleurs, il accueille souvent des classes pour faire découvrir ses vergers, son travail, mais aussi ses abeilles. Pour l'occasion, il a installé une ruche transparente didactique. Les enfants peuvent donc découvrir en toute sécurité l'intérieur d'une ruche. A partir de là, Olivier peut partager sa passion pour ces petites bêtes qui étaient là bien avant nous:
Les abeilles ont tout compris depuis 200.000.000 d'années. Vous vous rendez compte? C'est l'époque des dinosaures. A côté des fossiles de dinosaures, on a retrouvé l'abeille, à peu près la même que celle actuellement. Ca veut dire qu'elle avait déjà terminé son évolution à cette époque. C'est incroyable! Et dire que maintenant elle est menacée...
Si vous souhaitez en apprendre sur les abeilles, n'hésitez pas à passer près de lui, il n'est pas avare en conseils. De plus, il vend dans son magasin tout le matériel de l'apiculteur. On retrouve aussi les fruits, des jus, de l'hydromel, de la bière au miel, les fameuses couques de Dinant, des bougies à la cire d'abeille et plein d'autres choses, comme des légumes cultivés sur les terres des vergers et ruchers mosans par l'asbl "Terre nourricière en Haute-Meuse dinantaise.
Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site des vergers et ruchers mosans