Travaux
Inondations de 1995, 25 ans après: les mesures prises pour éviter un nouveau scénario catastrophe
publié le:06/02/2020 14:32:00 - mis à jour: 06/02/2020 21:03:23
25 ans après les inondations catastrophiques de la Meuse, qu'est-ce qui a été fait pour que le fleuve ne sorte plus de son lit ? Des travaux aux barrages, le dragage du fleuve et de meilleures communications.
En janvier 1995, il y a 25 ans, la Meuse sortait de son lit de manière violente. Personne n'a oublié ces inondations catastrophiques qui ont mobilisé les énergies pendant plusieurs jours. La zone est déclarée sinistrée. Le Roi et la Reine viennent constater l'ampleur de la situation. Après celles de décembre 1993, les inondations se succèdent dans la vallée mosane. Depuis, des mesures ont été prises pour éviter ce genre de catastrophe. C'est ce qu'explique Philippe Dierickx, directeur de la gestion hydraulique au SPW:
Depuis lors, le Service Public de Wallonie a fait pas mal d'aménagement, surtout dans les années 90. On a remplacé les anciens barrages à aiguilles de Waulsort et d'Hastière par des barrages beaucoup plus modernes et plus réactifs et qui permettent un meilleur écoulement. Et puis, surtout, on a beaucoup dragué sur le cours de la Haute Meuse, ce qui a permis de réduire les niveaux d'eau.
Moderniser les barrages et draguer la Meuse sont donc deux mesures qui ont fait leur preuve.
Hier, nous étions à un débit de 800 mètres cubes à la frontière. A l'époque, nous étions à 1500. On ne peut donc pas comparer. Mais si on avait eu nos débits d'hier il y a 25 ans, on aurait eu des dégâts.
Des technologies de communication plus modernes
Désormais, les barrages sont automatisés, plus réactifs et ils donnent une meilleure vision globale de la situation pour mieux anticiper les mouvements et limiter les impacts. Les moyens de communication actuels sont beaucoup plus rapides, comme le précise Philippe Dierickx:
Nous n'avions pas les smartphones, nous n'avions pas les communications, nous n'avions pas Internet. Nous avions des informations toutes les heures. Aujourd'hui, on a toutes les données, toutes les cinq minutes. On est presque en temps réel. On a nettement développé les réseaux de mesure. On a multiplié par cinq ou dix le nombre de pluviomètres. On a donc une meilleure connaissance des précipitations. On a une meilleure communication avec ce qui se passe en France. C'est clair que tout a évolué.
Pas sûr d'être dispensé de sécheresse dans les prochains mois
Les eaux tombées récemment n'ont pas nécessairement reconstituer les réserves qui ont tant manqué ces derniers mois. L'eau, abondante, a beaucoup ruisselé et a eu peu de temps pour infiltrer. A ce stade, il est trop tôt pour tirer des conclusions. Pour les inondations comme pour la sécheresse, rien n'est jamais parfaitement prévisible.