Il y a 70 ans, le 27 août 1944, deux faits marquants de la Deuxième Guerre mondiale se déroulaient à proximité de Ciney. Jannée voyait s'affronter maquisards et soldats germaniques tandis que Pessoux connaissait un terrible rafle.
Jannée, 27 août 1944, des hommes de l'Armée secrète dirigés par le Commandant Bodart sont sur le qui-vive. Ils savent que la journée sera longue et qu'un terrible combat se prépare. Depuis la veille, 140 maquisards qui harcelaient depuis le mois de juin les troupes ennemies ont trouvé refuge dans le Bois de l'Abîme. Il y a là, outre le P.C. du Commandant Bodart, la 2ème Compagnie composée des pelotons 702 et 802 sous les ordres du Commandant Houyet, tous du Groupe A du Secteur 5 – Zone 5 de l'Armée Secrète.
Il est 8 heures, quand le combat, inégal, s'engage dans le bois. Face aux 140 hommes de Bodart, se trouvent 2500 nazis, des soldats de la Wehrmacht, de la Feldgendarmerie aidés par des Légionnaires wallons et des SS Flamands. Toute la matinée, pour donner l'impression d'un encerclement complet, des rafales de mitraillettes et de mitrailleuses lourdes arrosent le bois dans toutes les directions. Les armes des maquisards, elles, restent muettes.
A 14 heures, les officiers allemands décident d'attaquer. Les nazis montent à l'assaut en vagues successives. Les maquisards ripostent. Les Allemands sont surpris : ils s'attendaient à rencontrer une faible résistance. Ils se retrouvent, au contraire, face à une troupe disciplinée, instruite, aguerrie, au moral intact malgré le pilonnage de la matinée. Pendant plusieurs heures, les hommes tiennent bon. A partir de 17 heures et jusque tard dans la nuit, en profitant du brouillard, les maquisards parviennent par petits groupes à quitter le bois. Pour les blessés, dont le Commandant Bodart fait partie, la retraite est pénible.
Au total, l'Allemagne laisse 187 hommes sur le champ de bataille. Du côté des maquisards, le combat de Jannée a coûté la vie à cinq hommes, six ont été blessés et quatre disparus morts en Allemagne.
Pessoux
Pour Pessoux aussi, la date du 27 août 1944 a marqué les esprits. C'était un beau dimanche, le village était rassemblé dans la petite église paroissiale.
A la sortie de la messe, les Allemands prennent des otages. Ils embarquent les hommes. D'autres seront arrêtés à leur domicile, soit sur les routes du village, vers Haversin, vers Montgauthier ou au Château de Jannée.
Pour tous ces hommes, ce fut le début d'un long calvaire dans les camps nazis, la plupart à Neuengamme, en Allemagne, près de Hambourg. Sur les 42 déportés de Pessoux, seuls 7 reviendront.
Les causes exactes de cette rafle n'ont jamais été clairement établies. Certains parlent d'une dénonciation, les Allemands auraient eu une liste précise de personnes à arrêter. En effet, ils ne se sont pas « contentés » des hommes pris à la sortie de l'église, ils sont allés les chercher chez eux ou sur la route.
D'autres évoquent pour expliquer cette rafle des représailles aux combats livrés par l'Armée secrète notamment à Jannée.
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