Pour la 42ème édition des baignoires, ce jeudi 15 août, la Région wallonne a décidé d'interdire la navigation des bateaux sur la Meuse. Cette mesure ne fait pas les affaires des compagnies de croisière.
La traditionnelle régate des baignoires s'élancera sur la Meuse ce jeudi 15 août. Mais cette année, les radeaux seront les seuls à naviguer sur l'eau pendant la course. À l'exception des six bateaux de l'organisation, des pompiers et de la police, la Région Wallonne a pris la décision d'interdire la navigation de toutes les autres embarcations de 15h à 18h30, explique Serge Toussaint, porte-parole du SPW Mobilité & Infrastructures.
L'année passée, un bateau a percuté une baignoire. Donc il y a eu des réunions en matière de sécurité pour, à l'avenir, éviter le risque que des bateaux de plus en plus nombreux interfèrent dans la manifestation.
"Cette mauvaise nouvelle nous tombe sur le paletot"
Cette mesure, annoncée seulement 10 jours avant l'événement, tombe plutôt mal pour les compagnies de croisière dinantaises. Car le 15 août représente une des journées les plus importantes du calendrier touristique, rappelle Marc de Villenfagne, administrateur gérant de la compagnie des croisières mosanes.
C'est une mauvaise nouvelle qui nous tombe sur le paletot, sachant que nous avons des réservations qui sont parfois prises longtemps à l'avance. En l'occurrence, ce jour-là, nous avions une réservation d'une agence française prise au mois de février. Donc ça ne fait pas très sérieux pour notre image et celle de Dinant de devoir l'annuler.
Pour les croisiéristes, le manque à gagner provoqué par cette décision est important.
Pour des journées comme celle-là, nous avons des rotations de trois bateaux par heure, qui sont pleins. Cette fois-ci, ils devront rester à quai. C'est très frustrant et énervant.
Une solution jugée trop coûteuse
Le SPW a proposé à l'organisation des baignoires d'isoler la manifestation sur la rive gauche de la Meuse, pour permettre aux bateaux de naviguer sur la rive droite. Mais cette solution nécessitait l'installation d'une barrière flottante plutôt coûteuse, selon Julien Dolhet, président de l'ASBL Les Baignoires.
On a réfléchi ensemble à une solution, car on voulait vraiment que les bateaux naviguent. On a proposé aux sociétés de croisières de financer une gaine en PVC avec une mousse spéciale de 900 m, pour un budget d'environ 5.000 euros.
Mais pour Marc de Villenfagne, ce n'est pas aux compagnies de croisière à financer cette solution.
Je ne me sens pas concerné. Si ceux qui organisent l'évènement jugent que cela en vaut la peine sur le plan économique, ils peuvent mettre les moyens pour mettre en place cette solution. Mais ce n'est pas aux entreprises touristiques de s'ajuster.
Les bateaux resteront donc à quai pour la 42ème édition de la régate des baignoires. Cet évènement rassemble chaque année plus de 20.000 personnes à Dinant.