Politique

"La composante Défi est devenue invisible dans la majorité provinciale"

publié le:15/12/2020 11:38:00 - mis à jour: 15/12/2020 13:12:48

Le conseiller provincial Patrick Pynnaert a quitté le groupe Défi, estimant que la réforme a gommé tout le programme de Défi. Mais il ne compte pas s'opposer à la majorité pour autant. Interview.

Patrick Pynnaert, vous êtes conseiller provincial, vous avez annoncé vendredi dernier votre départ du groupe Défi à la Province, pourquoi ce geste? 

J'ai quitté le groupe politique Défi à la Province, pas le parti. J'ai quitté le groupe Défi et donc la majorité provinciale parce que j'avais du mal avec la réforme mise en place. Une réforme devait être faite mais pas n'importe comment et pas n'importe quand. Le timing était hyper mal choisi. Il y a énormément d'associations impactées par l'arrêt ou la diminution de subsides et c'était des associations hyper importantes pour le citoyen et pour le service public. Bébébus perd ses subsides, la laïcité perd ses subsides, Territoire de Mémoire, l'illetrisme... Mais je ne suis pas en désaccord avec le parti, je ne rends pas ma carte.

Pourquoi ne pas en avoir fait part lors de la préparation de la réforme à votre colistier Amaury Alexandre, député provincial?

Je l'ai découvert la veille de l'annonce à la presse et au personnel. Après l'étonnement, il a fallu le temps de l'analyse et c'est là qu'on se rend compte de l'ampleur. Je suis d'accord qu'il fallait supprimer le saupoudrage de subsides, qu'il fallait une réforme, mais pas n'importe quand, pas n'importe comment. Le timing était hyper mal choisi. La Province n'avait pas le choix d'une réforme mais il aurait fallu prendre le temps de la concertation, majorité et opposition ensemble, les associations, le personnel. 

Ce n'est pas un peu compliqué de rester affilié au parti Défi au fédéral et de le quitter à la Province?

Ce sont deux choses différentes. A la Province, on travaille dans une majorité qui normalement est une synthèse des programmes de tout le monde. La réforme a gommé presque tout le programme de défi. En 2018, on s'est beaucoup battus pour la petite enfance, et quand je vois l'impact de la réforme, on a promis des choses mais on a fait marche arrière sur ce qu'on a promis. Il faut être respectueux de ses électeurs. Je me vois mal aller défendre un programme MR et CDH dont la composante Défi est devenue invisible.

Vous n'ignorez pas que votre geste met à mal la majorité puisqu'elle ne tient plus qu'à un seul petit siège...

Je ne compte pas jouer à mettre à mal la majorité rien que sur une question de nombre. S'ils sont en infériorité, ce n'est pas moi qui vais mettre à mal cette majorité car il faut respecter la démocratie, et la démocratie, c'est de la première minute du conseil provincial d'une législature jusqu'à la dernière. Mais c'est clair que je voterai comme indépendant. Je ne vais pas m'opposer à la majorité, mais comme vendredi lors du vote de la réforme, s'il y a des choses que je n'approuve pas, je ne voterai pas le point. Je ne vais pas rejoindre l'opposition, pour être clair.

La hiérarchie de Défi vous a-t-elle appelé?

Je n'ai eu aucun contact avec le président de Défi François De Smet, ni avec le président provincial. Mais j'ai parlé avec l'ancien président Olivier Maingain, et je travaille dans son cabinet. Je crois qu'il a compris la raison de mon départ. Jusqu'à présent, je conserve le job et j'espère le garder mais qui sait, peut-être vais-je être exclu du parti, ou peut-être que je vais perdre cet emploi. Mais ce choix ne m'appartient pas, et s'ils le font, ce n'est pas pour cette raison que je commencerai à critiquer le parti, ce n'est pas un acte par rapport au parti politique mais par rapport à la majorité et à la réforme.

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