Le rendez-vous de midi

"La Dinantaise traverse une crise qui va laisser des traces au niveau humain"

publié le:11/04/2017 11:35:00 - mis à jour: 12/04/2017 23:19:22

Vincent Cao a démissionné en février de son poste d'administrateur de la société de logement public La Dinantaise. La raison: les mesures prônées par un audit tardent à être mises en œuvre.

  • "J'ai présenté ma démission le 25 février dernier comme administrateur de La Dinataise. Il est vrai que la Dinantaise traverse une crise structurelle, qui remonte à février 2016, quand le personnel a exprimé son mal-être au travail. Mal-être dû une charge de travail exponentielle vu l'augmentation de logements que la Dinantaise a connu et va connaitre ces prochaines années, vu aussi le manque de précision quant à l'évolution de leurs carrières, vu le climat de travail au sein de La Dinantaise et ils ont surtout mis en exergue un problème de communication interne. Une plainte de plusieurs travailleurs a été déposée auprès du SPMT (service extérieur de prévention et de protection au travail).
  • Après ce dépôt de plainte, nous avons initié des mesures dont la réalisation d'un audit organisationnel, qui s'est déroulée à partir du mois de mai et dont les conclusions ont été rendue en octobre. A la suite de cet audit, des recommandations ont été émises. Ma démission vient du fait que la mise en place des recommandations traîne depuis trop longtemps.
  • Une recommandation principale a été l'engagement d'un manager administratif et financier temporaire, la recommandation a été retenue par le conseil d'aministration. A l'heure où je vous parle, les contacts seraient en bonne voie pour l'engagement de ce manager temporaire.
  • L'audit recommandait aussi de rassembler dans les mêmes bureaux les profils qui ont des fonctions très similaires, les personnes qui traitent du financier, les personnes qui s'occupent des locataires, d'autres du social. Quand j'ai démissionné, cette refonte des bureaux, demandée en novembre, n'était pas encore opérationnelle. C'est une accumulation de petites choses. Cela a été un ras-le-bol.
  • J'espère que ma démission a été une impulsion pour que les gens se rendent compte que La Dinataise est en péril. Les tensions internes sont tellement importantes que la crise actuelle (et j'espère me tromper) va sûrement laisser des traces au niveau humain, et je ne tenais pas à participer plus en avant à ce processus qui laissera des traces.
  • Pour alléger la charge de travail, il n'y a pas eu d'engagement spécifique. Peut-être que le manager qui va arriver va détecter que certains postes ne sont pas suffisamment étoffés et demandera peut-être au CA d'engager du personnel supplémentaire. Mais il va falloir faire un cadastre de tout le processus des activités et des compétences des uns et des autres.
  • La Dinantaise est un peu dépendante des communes. Il y a au sein de La Dinataise des communes très actives, comme la commune de Mettet, ce qui fait qu'au fil du temps on est obligé de suivre ce que veulent les communes. C'est un gage de confiance, et La Dinantaise a très bonne presse auprès des communes. Les bourgmestres d'Hastière et de Onhaye nous l'ont encore rapporté lors de l'inauguration de vendredi. C'est très bien pour la Dinantaise. Néanmoins le nombre de logements est en augmentation, cela pose problème au niveau financier. Le patrimoine augmente et les loyers perçus ne permettent pas de rembourser les annuités que nous avons auprès de la Société wallonne du logement, ce qui pénalise financièrement La Dinantaise. (...) La dette vis-à-vis de la Région wallonne est de 2,6 millions €.
  • Ce qui m'a fait démissionner, c'est quand je vois le climat au sein de la Diantaise, je lance un message, je ne suis pas sûr que les gens sont prêts à retravailler ensemble, oublier les rancoeurs du passé pour pouvoir repartir avec un manager temporaire qui va retracer une ligne directrice, qui va retracer un cadre de travail. Tout ce que je demande c'est que les personnes de l'administratif, les personnes de la Régie ouvrière se parlent et aillent dans une même voie et n'oublient pas les missions pour lesquelles elles sont engagées: une mission de service public au service du citoyen, au service du locataire."

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