La cueillette des asperges a débuté chez les producteurs wallons. La récolte s'annonce très bonne, grâce à une météo printanière assez douce. Cette culture demande beaucoup de patience et de savoir-faire.
C'est un des plaisirs que l'on déguste au retour du printemps : la saison des asperges bat son plein. À Anhée, dans le champ de Grégoire de Changy, responsable du Verger de la Molignée, la récolte a débuté il y a un peu plus d'une semaine, grâce à un climat particulièrement favorable.
Quand il fait chaud comme ça, l'idéal est de venir tous les jours, sinon l'asperge pousse trop vite et s'ouvre. La pointe n'est alors plus fermée et elle est déclassée. L'idéal est qu'elle fasse entre 20 et 25 cm, c'est le bon moment pour la couper.
Ce producteur cultivait déjà l'asperge sous tunnel. L'année dernière, il s'est lancé dans la culture d'asperges vertes biologiques en plein air.
C'est la première année qu'on récolte sur cette parcelle-ci. C'est une petite parcelle, qui fait un petit hectare, où on a planté il y a un an. Donc on récolte cette année, mais on ne peut récolter que pendant trois semaines. Comme la culture est assez jeune, on ne peut pas épuiser le plan. Donc après trois semaines, on doit s'arrêter.
Une culture qui ne s'improvise pas
À quelques kilomètres de là, la ferme de Chession, située à Falaën, dans la commune d'Onhaye, a elle aussi décidé de se lancer dans la culture d'asperges. Ils ont planté les premières griffes la semaine dernière. L'objectif était de se diversifier, explique Laurie Pierard :
Mon frère et ma maman cultivent déjà les fraises et c'est vrai qu'on adore les asperges et qu'on en discute depuis quelques temps. Falaën, c'est un village où il y a pas mal de restaurants, où on fournit déjà les fraises. Les restaurateurs sont aussi demandeurs.
Pour débuter, la ferme a été encadrée par des spécialistes du Centre Interprofessionnel Maraîcher (CIM). Car l'asperge est une culture qui ne s'improvise pas, rappelle Alain Delvigne, conseiller technique au CIM :
C'est une culture un peu particulière. C'est un légume, mais c'est une culture pérenne, qui va durer dix ans. On va commencer à récolter la 2e et 3e année, vraiment très peu généralement, entre trois et quatre semaines. C'est après la 3e année qu'on peut récolter en plein rendement.
6 hectares d'asperges supplémentaires en 2026
Comme la ferme de Chession, de plus en plus de producteurs wallons commencent à cultiver l'asperge. Il y a 15 ans, pourtant, cette culture était plutôt répandue en Flandre. Cette année, 6 hectares supplémentaires ont été plantés en Wallonie.
On a remarqué qu'au niveau local, ça se vendait de mieux en mieux. C'est vrai que l'asperge verte n'était pas très connue avant. Certains producteurs ont essayé de faire connaître le produit. Mais, actuellement, dans les grandes surfaces, on ne retrouve pas d'asperge wallonne. On retrouve de l'asperge verte du Pérou, d'Espagne, du sud de l'Europe, mais pas d'asperge wallonne, sauf dans quelques magasins franchisés.
C'est le cas des asperges de la Molignée, explique Grégoire de Changy :
D'abord, on les nettoie, on les trie, on les calibre. Les gros calibres partent dans des restaurants, qui aiment vraiment bien les asperges de gros diamètre. Les plus fines, on les met en botte et ça part dans notre distributeur, où les clients aiment bien venir prendre des asperges toutes fraîches. Sinon ça part dans les magasins ou chez un grossiste.
Au total, la culture d'asperges représente un peu plus de 100 hectares en Wallonie. Ce légume local se popularise d'année en année dans la région.