Taxe kilométrique: "La bataille n'est pas finie"

publié le:07/04/2016 15:14:10 - mis à jour: 08/04/2016 09:07:33

Les transporteurs qui ont mené les actions ne lâchent pas le morceau. D'ici quelques jours, ils présenteront un cahier de revendications au Ministre Lacroix. Les réunions de travail vont donc se multiplier.

Au lendemain de la levée des barrages routiers, les transporteurs de la région continuent à se concerter pour envisager la suite des événements. Ils sont fatigués et amers mais bien décidés à continuer le combat, en tirant toutefois les enseignements des opérations des derniers jours.

"La bataille n'est pas finie, explique Jean-Pierre Lecaillié, transporteur à Sinsin. On est prêt à recommencer. Peut-être pas de cette manière là. On est en train d'y réfléchir. C'est quand même assez dur."
"On va se ressaisir, ajoute David Liban, transporteur à Wanlin, et prendre d'autres actions, plus structurées et mieux étudiées, avec tous les acteurs qui était sur les barrages en Wallonie."

Les transporteurs qui ont mené les actions des derniers jours sont persuadés qu'il y a encore moyen de faire bouger les choses même si la réunion de mercredi avec les ministres Lacroix et Prévot semblait dire le contraire.

"Maintenant, on commence le jeu politique. Ça veut dire que hier, nous sommes arrivés devant un mur de deux ministres qui, eux, nous ont renvoyé au Fédéral. Ils se sont levés et ils sont partis. On a très bien compris leur message, qu'ils étaient au bout de la négociation. De toutes façons, quand ça ne dépend pas du fédéral, ça dépend de l'Europe. Maintenant, il y a un jeu politique qui doit se mettre en route."

Les petits transporteurs indépendants estiment qu'ils n'ont pas le poids suffisant pour que leur avis compte dans les discussions.

"On est trop petit, continue David Liban; certains ont des ouvriers; moi, je n'en ai plus. On ne fait pas partie de l'équation."

"On est bien représenté, explique Jean-Pierre Lecaillié, mais est-ce qu'on a été bien informés? Est-ce qu'ils ont assez négocié pour nous, les petits? Je ne crois pas ça."

"Dans la machine qui se met en route, avec une manne financière qui est énorme, de près de 700 millions d'euros de recette de la taxe, soit 2 millions d'euros par jour, on va nous broyer. C'est peut-être 1000, 2000 ou 3000 indépendants qu'on va broyer parce que la manne financière est énorme."

Si les routiers estiment avoir été efficaces sur le terrain, ils réalisent la nécessite de se structurer pour être entendus.

"On va avoir des réunions tout au long de la semaine, prévoit Dominique Rolot, transporteur de Beauraing, tous les jours, jusqu'à lundi. Et, lundi, on déposera un cahier de revendications."

Ce cahier de revendications, ajoute David Liban, sera aussi publié dans la presse en même temps, et donc maintenant la balle est dans le camp du gouvernement wallon. On attend une réponse ferme."

Pour beaucoup de petits transporteurs, il est question de survie. Ils déclarent que leur pronostic vital est engagé. D'ici le 14 avril, plus aucune action ne devrait être organisée; au delà, ils promettent qu'on entendra à nouveau parler d'eux.

Isabelle Martiat Journaliste
isabelle.martiat@matele.be

 

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