Depuis juin, le Centre culturel de Dinant accueille l’exposition « La place de la femme dans le jazz ». Organisée à l’origine par la Maison du Jazz, l’expérience plonge le visiteur dans plus de 200 pochettes.
Dès qu'on passe la porte, pas de doute : il s'agit là d'une exposition sur le jazz. Pochettes sur les murs, morceaux de jazz dans l'air, l'heure est à la découverte. Sur un mur du Centre culturel de Dinant, trois panneaux. Leur rôle est de remettre l'histoire du jazz dans son contexte. Mis à part eux, il n'y a pas une seule autre explication. Laura Douxfils, chargée de communication au Centre culturel de Dinant, explique ce choix.
L'objectif, c'est de vraiment proposer au public une promenade à travers une sélection de 200 pochettes de disques qui a été réalisée par la Maison du Jazz sur une collection de plus de 70 000 pochettes et aussi de profiter d'une bande-son immersive pendant la visite.
Lorsqu'on observe les pochettes de plus près, on se rend rapidement compte que certaines d'entre elles montrent des femmes dénudées, sexualisées. Là, un sein se dévoile et ici, une braguette s'ouvre. Timide ou audacieuse, ancienne ou contemporaine, l'image de la femme est utilisée en tout temps. Pourtant, quand le jazz apparaît fin du 19e, début du 20e siècle, l'accès à ce genre musical pour ces dernières est très compliqué :
Les femmes étaient plus obligées de rester au foyer, de s'occuper des enfants, du ménage et, donc, elles n'avaient pas la possibilité de combiner vie de famille et vie de musicienne.
Le jazz se développait aussi dans des milieux interlopes où l'on retrouvait de la prostitution, du banditisme, soit, pas des femmes respectables :
Et puis enfin, il y a aussi une contrainte financière, du fait que les instruments étaient très chers à l'époque. Les femmes n'avaient donc pas forcément la possibilité de se payer des instruments. C'est pour ça d'ailleurs qu'on retrouve beaucoup de chanteuses dans le milieu du jazz.
Une organisation millimétrée
Pour permettre aux visiteurs de s'y retrouver dans toutes les pochettes, ces dernières ont été divisées en différentes thématiques, chacune sur son bout de mur. Certains espaces montrent des militantes, d'autres des grandes dames du blues. Dans un coin, plus petit que tous les autres, les musiciennes belges sont mises à l'honneur :
Il est volontairement plus petit pour montrer, de manière symbolique, le fait que les femmes belges dans le jazz ne bénéficient pas encore, actuellement, d'une forte représentation.
Bien que l'exposition ait été créée par la Maison du Jazz, le Centre culturel de Dinant peut l'adapter :
On a voulu agrémenter l'exposition d'un piano pour ceux qui souhaitent venir jouer un petit morceau.
Un coin lecture, un documentaire et des tablettes pour écouter de la musique viennent compléter les ajouts du centre. L'exposition sera encore ouverte jusqu'au 27 septembre.