Histoire

Le couple Warnant-Rauby, les "Justes" de Schaltin

publié le:28/04/2023 18:09:00 - mis à jour: 30/04/2023 18:29:27

Un couple de Schaltinois vient d'être honoré par la commune de Hamois. Les époux Warnant-Rauby ont caché des enfants juifs pendant la 2ème Guerre mondiale entre les murs du château de Valensart.

Dans l'enceinte du château de Valensart, des dizaines d'enfants juifs ont échappé à l'horreur. En pleine seconde guerre mondiale, un couple de Schaltinois, propriétaire des lieux, héberge et cache des jeunes pourchassés par l'occupant nazi. Ce couple, ce sont les époux Warnant-Rauby. Ce sont également les grands-parents de Pierre Yernaux, né à Schaltin, de retour dans son village d'enfance pour une cérémonie d'hommage.

Nous avons vécu ici pendant la guerre 40-45 parce que ma grand-mère avait une vache, des moutons et des poules. Mais aussi parce que c'était un lieu privilégié. Peu d'avions passaient dans le coin, il fallait connaître le patelin pour y arriver. 

Cette situation géographique, loin des conflits, plaît à la JOC, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, qui loue une partie du château. Jacques de Cartier d'Yves, président de la Maison de la Mémoire de Hamois complète :

La JOC a voulu accueillir des enfants défavorisés et mal nourris, venant des villes où le ravitaillement était problématique. Puis sont arrivés des réfractaires au service du travail obligatoire et des enfants juifs.

Le château est devenu tristement célèbre dans la région à cause de la rafle du 2 août 1944, quand la Gestapo descend sur les lieux et capture quatre garçons juifs et trois dirigeants du site.

"Cela fait plaisir de voir ce que l'endroit est devenu"

Près de 80 ans plus tard, le couple Warnant-Rauby est mis à l'honneur par la commune de Hamois. Dans la foule et sur l'estrade, on retrouve des descendants de la famille, comme l'est Pierre Yernaux.

Nous ne cherchons pas à être nominés parmi les Justes de la Nation. Nous ne voulons pas non plus que l'on nous offre un voyage à Jérusalem. On souhaite juste que l'on sache que nos parents et nos grands-parents sont restés à Schaltin au péril de leur vie. 

Aujourd'hui, le château fait partie intégrante de l'Institut de Schaltin, un service résidentiel pour les jeunes en difficulté.

Je reviens parfois ici sans rien dire. Ce n'est plus chez nous. Mais cela fait plaisir de voir ce que l'endroit est devenu, vraiment.
 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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