Intempéries

Le projet d'agrandissement du hall sportif de Jemelle remis en question par les inondations

publié le:05/08/2021 12:12:00 - mis à jour: 09/08/2021 17:27:14

Suite aux inondations, les autorités pensent fortement à déplacer le hall sportif de Jemelle situé en zone inondable vers des lieux plus sûrs. La réflexion s’étend à l’échelle wallonne.

Trois semaines après les inondations, les stigmates de la catastrophe sont encore visibles au hall sportif de Jemelle, même si les lieux ont été nettoyés et utilisés par les enfants lors des stages. Mais ce jeudi, les lieux ont dû fermer pour cause d'instabilité sans savoir si une réouverture sera possible. La situation est d'autant plus compliquée qu'un projet d'agrandissement et de rénovation était sur les rails, comme l'explique Julien Defaux, échevin et président de l'asbl Rochefort Sports:

On avait prévu de doubler la surface actuelle avec un nouveau bâtiment. Il y avait donc une extension des salles intérieures. On avait prévu de nouveaux bureaux, une nouvelle cafétéria, etc. Maintenant, suite aux inondations, le projet est remis en cause. On le fera mais sûrement pas à cet endroit-là.

Faut-il encore construire en zone inondable?

Faut-il déplacer des édifices construits en zone inondable? La question est en réflexion à Rochefort. Les crues du 14 et 15 juillet dernier ont été exceptionnelles, mais il y a à craindre que ces événements deviennent plus fréquents avec le dérèglement climatique, même si les crues des semaines passées n'ont pas encore officiellement été reconnues comme des conséquences du changement climatique. Néanmoins, les climatologues tirent la sonnette d'alarme depuis des décennies pour expliquer que ce type d'événement ne fera qu'augmenter si nous continuons à vivre comme nous le faisons. La question du climat semble donc de plus en plus s'immiscer dans les considérations quotidiennes des élus, même les plus locaux. Pour le hall en tous cas, changer de lieu semble inévitable, ajoute l'échevin:

Il est vrai que ces crues sont exceptionnelles. Pour l'avenir, on pourrait jouer sur le niveau des bâtiments en les réhaussant, mais ce ne serait pas suffisant. Les assurances nous ont dit que si le futur projet se faisait au même endroit, elles nous assureraient pour l'incendie, mais plus pour les inondations. C'est donc un risque qu'on ne peut pas prendre, surtout si on a la possibilité de déplacer le complexe. Rochefort étant une commune assez vaste, plusieurs endroits sont envisagés.

De nombreux bâtiments à déplacer

Le hall de Jemelle est loin d'être le seul à être dans le cas. Nombreux sont les bâtiments de Wallonie qui pourraient être déplacés. C'est la direction des cours d'eau non-navigables qui est compétente dans ce domaine. Chaque fois qu'une demande de permis est introduite, cette cellule du SPW évalue les risques d'inondations. Cette analyse est faite grâce aux cartes des aléas inondations, détaille Sébastien Gailliez, employé de la direction des cours d'eaux non-navigables:

Pour ces cartes, nous utilisons différentes sources d'informations dont la carte des sols, la modélisation hydraulique qui tient compte du débit, et de la topographie du terrain. Nous faisons aussi des enquêtes de terrain lors d'inondations, comme cela a été le cas ce mois-ci dans plusieurs zones de Wallonie. Grâce à toutes ces informations, nous mettons les cartes à jour tous les six ans.

Ce délai de mise à jour ne peut être raccourci que sur une décision politique. Si ces événements se produisent davantage, peut-être que les mises à jour devront devenir plus fréquentes, mais cela relève du pouvoir européen.

Lors des demandes de permis, c'est la commune qui décide seule de délivrer ou non un permis en zone inondable. L'avis rendu par la direction des cours d'eau n'est, en effet, pas contraignant. Les reconstructions qui auront lieu en zones inondables dans le futur relèveront donc de décisions éminemment politiques.

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