Elevage

Le statut de protection du loup rétrogradé : pas de changement en Wallonie

publié le:09/12/2024 16:09:00 - mis à jour: 10/12/2024 17:42:34

La Convention de Berne a modifié le statut de protection du loup, qui passe d'espèce "strictement protégée" à "protégée". Mais cela ne veut pas dire que l'animal peut être chassé plus facilement en Wallonie.

La semaine dernière, la convention de Berne, une convention internationale signée par 49 pays qui vise à protéger la flore et la faune sauvage, a décidé de rétrograder le statut de protection du loup. L'animal passe d'espèce « strictement protégée » à « espèce protégée ». 

Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Auparavant, il était interdit de capturer, détenir ou tuer intentionnellement un loup sauvage, sauf dérogation. Désormais, les états signataires auront une plus grande marge de manœuvre pour autoriser la chasse des loups dans les territoires où ils sont plus nombreux.

En Wallonie, la chasse reste interdite 

Dans la région, notamment à Beauraing, les attaques de loup sur des élevages bovins ou ovins se sont multipliées ces derniers mois. Ce changement de statut pourrait laisser croire que le loup peut désormais être chassé plus facilement. 

Pourtant, la Région wallonne l'assure, l'assouplissement du statut de protection du loup n'a pas d'impact chez nous, car il existe déjà des dérogations prévues pour chasser le carnivore par le "Plan Loup". Ces dérogations s'appliquent uniquement dans certains cas précis, comme le rappelle le porte-parole du Service Public de Wallonie, Nicolas Yernaux. 

Le loup peut être abattu uniquement dans certaines circonstances, quand il est considéré comme dangereux soit parce qu'il s'est spécialisé dans l'attaque d'animaux d'élevage, soit s'il s'est attaqué à l'homme. Aucun de ces deux cas de figure ne s'est encore produit en Wallonie.

Une situation différente ailleurs en Europe

En Belgique, les populations lupines restent très marginales. Il y aurait une vingtaine d'individus, principalement installés dans les Hautes-Fagnes. Mais dans d'autres pays européens, la situation est bien plus alarmante. Sur le territoire de l'Union européenne, la population s'élèverait à 20.300 individus, installés principalement dans les pays de l'est et les pays nordiques. 

C'est pour cette raison que l'UE a voulu baisser le niveau de protection de l'animal. La Commission européenne a fait une proposition dans ce sens fin septembre, qui a finalement été adoptée par la Convention de Berne. Mais ce changement est surtout symbolique, puisque la plupart des pays où le loup est problématique bénéficiaient déjà de dérogations.

Un changement symbolique ?

Pour le ministre belge de l'agriculture, David Clarinval, cette décision envoie un message fort au monde de l'élevage.

Je me réjouis que la convention de Berne ait accepté la demande de la Commission européenne de revoir à la baisse le statut de protection du loup. Il était important de montrer aux agriculteurs que nous étions attentifs à cette problématique et que nous ne sommes pas insensibles à la cruauté de l'animal.

Par contre, pour les ONG qui défendent la nature, comme Natagora ou WWF, cette décision est inquiétante. Elles craignent que cela n'ouvre la porte à des changements de statut pour d'autres espèces protégées, comme l'ours brun.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30