Kayak

Léo Montulet passe en contrat de sportif de haut-niveau à mi-temps en 2026 : "On a l'impression d'être les dindons de la farce"

publié le:26/11/2025 16:41:00 - mis à jour: 28/11/2025 13:21:14

Le kayakiste professionnel dinantais perd son contrat d'athlète de l'Adeps à temps-plein pour 2026 car sa discipline n'est pas olympique. Une grosse déception, à quelques mois des Mondiaux de kayak.

La mauvaise nouvelle est arrivée il y a une semaine. Léo Montulet, kayakiste professionnel dinantais, passe d'un contrat de sportif de haut niveau à temps plein à un mi-temps en 2026. Un changement difficile à digérer pour celui qui avait remporté la Coupe du Monde de kayak en descente de rivière en 2023.

Quand je l'ai appris, je suis parti rouler trois heures à vélo pour me vider la tête. Un sportif de haut niveau construit sa saison comme un projet. Pour moi, l'année 2026 était un projet très important, car c'est une année avec un championnat du monde. Donc j'avais mis beaucoup d'espoir pour cette saison, et je pars avec une béquille en moins.

Pour le kayakiste professionnel, qui s'entraîne près de trente heures par semaine pour atteindre ses objectifs, être un sportif de haut niveau à mi-temps n'est pas réaliste.

Quand un sportif de haut niveau se prépare pour une grosse date, il consacre 100 % du temps à sa préparation, qui inclut aussi le repos, les séances de kiné et la nutrition. Combiner cela avec un autre mi-temps dans un travail "normal" est presque impossible.

Le sportif explique qu'il n'a d'autre choix que de fonctionner avec ce budget réduit jusqu'au championnat du monde de kayak en juin 2026. Puis il devra trouver un job pour arrondir ses fins de mois, en tant que pompier volontaire, par exemple.

Les disciplines non olympiques défavorisées

Léo Montulet n'est pas le seul sportif de haut niveau qui passe à mi-temps l'année prochaine. Ils sont 5 sur 80 en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le motif avancé par l'Adeps, qui gère ces contrats, est que leur discipline n'est pas olympique. En rééquilibrant son budget pour l'année 2026, l'Adeps a donc choisi de réduire les contrats des sportifs non olympiques, explique Yves Polomé, administrateur général de l'Adeps.

C'est un choix, pur et simple, que la Flandre n'a pas fait. La Flandre a systématiquement exclu ces sportifs non olympiques des contrats, ce qui n'était pas notre volonté. Nous voulions leur permettre d'avoir un peu de moyens pour s'entraîner, même si je sais qu'un contrat à mi-temps n'est pas idéal. Mais nous gérons un portefeuille avec une enveloppe fermée et nous essayons de faire au mieux.

"Tout donner pour son pays, pour se retrouver à moitié seul"

L'un des cinq sportifs concernés par ce changement, le duathlète Arnaud De Ly, originaire de Remicourt, a écrit une lettre ouverte à la ministre des Sports Jacqueline Galant. Il la rencontrait ce mercredi pour expliquer la situation délicate de ces futurs sportifs de haut niveau à mi-temps, comme Léo Montulet.

Dans sa lettre, Arnaud De Ly explique qu'il a déjà ramené 19 médailles au nom de la Belgique. J'ai fait le compte, je dois tourner aussi entre 19 et 22 médailles. Donc on est très déçus et pris au dépourvu d'avoir tout donné pour représenter notre pays et, maintenant, se retrouver à moitié seuls.

Le cabinet de la ministre Galant a répondu qu'il mesurait la déception des quelques sportifs concernés par cette modification. Mais il rappelle que le sport est l'une des seules compétences à ne pas avoir subi d'économies dans le budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30