Manifestations
Les agriculteurs manifestent sur la route Charlemagne et à Ciney
publié le:10/12/2021 14:17:00 - mis à jour: 13/12/2021 10:04:08
Partout en Wallonie, les agriculteurs se sont rassemblés ce vendredi pour manifester leurs craintes concernant le plan stratégique pour la PAC. Chez nous, ils étaient à Ciney et sur la route Charlemagne.
Au lendemain de la manifestation qui a vu 200 agriculteurs rallier ce jeudi le siège du gouvernement wallon à Namur pour défendre un plan stratégique wallon fort dans le cadre de la Politique agricole commune, d'autres agriculteurs se sont déplacés ce vendredi 10 décembre, un peu partout en Wallonie afin de manifester à leur tour. Dans notre région, ils ont mené une opération escargot sur la Charlemagne entre Onhaye et Ciney avant de bloquer certaines entrées de Ciney.
Les agriculteurs veulent défendre "un modèle d'agriculture familial et durable, qui permet un équilibre entre les enjeux environnementaux et des revenus acceptables". Constamment sous pression au niveau environnemental, les éleveurs et agriculteurs se sentent dévalorisés et pas du tout écoutés, comme l'explique Marianne Streel, agricultrice et Présidente de la FWA (Fédération Wallonne de l'Agriculture):
Cela fait des mois que nous discutons avec les gouvernements, les partis au niveau wallon mais aussi au niveau européen. Et avec ce que nous avons entendu dernièrement, nous avons de grandes craintes, surtout depuis que le dossier est sur le bureau du Gouvernement wallon. Nous avons des objectifs communs au niveau des enjeux environnementaux, mais nous ne sommes pas d'accord sur la manière. Nous sommes soumis aux règles les plus strictes, au cadre légal parmi les plus stricts au monde. On ne cesse de diminuer les aides et on apprend qu'elles pourraient encore être diminuées! On exige toujours plus au niveau environnemental mais sans tenir compte de nos avis. Nous voulons juste des règles qui permettent un certain équilibre, qu'on puisse vivre de manière décente à partir de notre travail.
"On ne nous écoute pas"
Exemple parmi d'autres, on parle de diminuer le nombre maximum de bêtes, une règle qui pourrait engendrer de nombreux problèmes selon la Présidente de la FWA:
Notre métier est de gérer notre élevage. Cela nous importe d'avoir de bonnes patûres pour nos bêtes et ce n'est pas facile d'avoir un équilibre entre faune et flore. Mais diminuer le nombre de bêtes, ça aura un impact écologique et économique. On nous parle de diminuer le nombre de bêtes par hectare? Donc, il va falloir acheter plus de terres. Et l'accessibilité à la terre pour les jeunes agriculteurs dans tout ça? Cela va être encore plus compliqué pour des jeunes. Franchement, on est tous conscients qu'il faut être plus durables. Mais nous faisons tout ce qu'il faut. Travailler "plus vert" a un coût, nous ne sommes pour l'insant pas capables de le faire sans aide. Et à cela, il faut tenir compte de la pression qu'on nous met. On nourrit la population mais on est toujours soumis aux critiques. On ne fait jamais assez, on se plaint toujours et on doit toujours faire "plus vert" mais on ne tient pas compte des réalités du terrain. On a l'impression qu'on ne veut pas nous écouter, qu'on ne se soucie pas de nous. Nous on veut valoriser notre travail mais dans ces conditions, certains quitteront la PAC.
"Il faut s'attendre à d'autres actions de notre part"
Très remontés, le secteur agricole entend réagir s'il n'est pas écouté:
A la FWA, nous avons déjà des propositions qui sont des compromis entre tous nos agriculteurs. Il faut nous écouter. Sinon, très sérieusement, on va droit vers la catastrophe au niveau économique, environnemental et social. Nous sommes déterminés, nous ne lâcheront pas. Si on ne nous écoute pas, il faut s'attendre à d'autres mesures de notre part.