Rendez-vous de midi

"Les lesbiennes ne sont pas toutes des camionneuses!"

publié le:06/02/2018 14:22:00 - mis à jour: 06/02/2018 18:30:55

Cette semaine, les élèves de secondaires de Ciney vont aborder la question de l'homosexualité et de la bisexualité avec pour objectif de casser les préjugés qui entourent ces orientations sexuelles.

Pas de grand discours, juste du vécu. Pendant une semaine, des personnes homosexuelles ou bisexuelles vont venir témoigner dans les écoles cinaciennes pour tenter de casser les préjugés qui entourent ces orientations sexuelles. Il s'agit d'une initiative du "Gris Wallonie", un groupement interscolaire qui lutte contre l'homophobie auprès des jeunes. Vinciane Fastré, qui coordonne ce programme, a répondu à nos questions dans le cadre du "Rendez-vous de midi".

Les préjugés ont-il encore la vie dure au 21ème siècles?

Il y a encore beaucoup de préjugés du style: les lesbiennes sont toutes des camionneuses ou les gais sont tous effeminés. Mais c'est absolument faux. Il y a une diversité dans les genres. Par le biais des témoignages et d'histoires vécues, on peut faire passer le message que les homos ou les bis ont une vie normale et sont comme vous et moi.

Les élèves posent-ils parfois des questions choquantes ou blessantes aux personnes venues témoigner ?

On a une fois eu un prise de position assez extrême d'un jeune garçon de Tchétchénie qui a dit: " Dans mon pays, on vous coupe la gorge. Et moi, j'ai envie de vous faire la même chose!" Ces rencontres sont très souvent bouleversantes pour les témoins, parfois positivement, parfois plus émotionellement. C'est pourquoi nous les formons avant d'aller sur le terrain. Mais cette homophobie, les témoins ne la découvrent pas en classe. Elle est présente dans leur vie quotidienne.

Pourquoi ciblez-vous principalement un public jeune?

Nous voulons essayer de bâtir une société un peu plus inclusive et un peu plus respectueuse. Nous voulons faire tomber les préjugés chez les élèves qui ont une tendance plus ou moins prononcée pour l'homophobie. Il faut qu'ils comprennent que cette homophobie a un impact. Que c'est difficile de se faire traiter de sale guine ou de sale pédé en rue. Les insultes, l'homophobie, ce sont des choses qui doivent disparaître de notre société. L'homosexualité ou la bisexualité, ce n'est pas un choix. L'hétérosexualité non plus. On ne choisit pas de qui on tombe amoureux. On choisit juste d'assumer qui on est.

Certains jeunes ont-ils déjà fait leur coming-out lors de ces rencontres?

Ca arrive à la fin de l'animation que certains jeunes viennent trouver les personnes en leur disant : "Moi je me sens lesbienne ou je me sens homo mais je n'ai pas encore osé le dire". Il y en a qui l'ont aussi déjà fait en classe mais c'est plus rare.

Une sensibilisation importante quand on sait que les jeunes homosexuels meurent 4 fois plus de suicides que les autres adolescents.

Morgane Halloy, Rédactrice en chef adjointe
morgane.halloy@matele.be

 

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