Les mêmes coalitions dans tous les gouvernements après les élections?

publié le:05/05/2014 16:06:38 - mis à jour: 10/05/2014 16:30:35

Les partis au pouvoir dans les régions le seront-ils aussi au fédéral à l'issue des élections du 25 mai ? Si c'est le cas, on parlera alors de gouvernements symétriques. Quels sont les avantages et les inconvénients de cette formule, quelles sont les chances d'y aboutir au lendemain du scrutin ?

Depuis plusieurs années en Belgique, les gouvernements sont asymétriques. Cela signifie que les partis au pouvoir au fédéral ne sont pas les mêmes que dans les régions. Cette fois, les élections pour les deux niveaux de pouvoir ont lieu au même moment. Théoriquement donc, ça devrait être plus facile de former des coalitions identiques partout, une formule qui présente un avantage majeur.

Patrick Dumont, politologue :

"Il y a un intérêt évident pour les présidents de partis c'est d'entrer dans tous les gouvernements en même temps, et d'avoir donc une influence sur toutes les compétences à présent régionnales, qui sont de plus en plus importantes avec la sixième réforme de l'Etat, mais continuer d'avoir aussi un certain poids au sein du gouvernement fédéral."

 

Des gouvernements symétriques amélioreraient aussi la lisibilité pour le citoyen.

"Il y a quand même un certain ras-le-bol des électeurs devant cette complexité: cette perception, cette sensation que tout le monde est au pouvoir. Et c'est une perception qui n'est pas fausse, puisque que effectivement Ecolo n'est pas présent au niveau fédéral mais est présent à la région, le MR , c'est l'inverse: ils peuvent toujours être accusés par leurs contradicteurs d'être au pouvoir à un autre niveau de pouvoir et de ne pas jouer le jeu éventuellement de cette majorité-opposition."

 

Si la formule est intéressante, elle risque toutefois d'être très difficile à appliquer au lendemain des élections. De plus en plus autonomes, les entités fédérées développent des politiques différenciées qui reflètent les enjeux de leurs communautés. Autre obstacle selon les experts : la NVA

"Le plus grand danger c'est l'ascension d'un parti nationaliste, et ce parti nationaliste est lui-même le plus grand parti non seulement de sa communauté, mais aussi le plus grand parti au sein de l'assemblée fédérale." poursuit Patrick Dumont

 

Autre élément important : au lendemain des élections, les négociations risquent de ne pas évoluer au même rythme au fédéral et dans les Régions.

"En terme de timing, les leaders de partis vont commencer les négociations, essayer d'orienter la composition finale du gouvernement régional, pendant que le roi sera toujours en train de discuter une situation certainement plus complexe, avec plus de partis à gérer au niveau fédéral, avec des enjeux communautaires très forts et une mise à l'agenda par le plus grand parti probable: la NVA."

  

Si ce n'est pas le cas, la situation au lendemain des élections risque d'être plus simple.

"Si la NVA est contournable, il y a possibilité de mettre en place des coalitions symétriques qui exclueraient la NVA. Si ce n'est pas le cas, on est probablement partis pour battre le record dans la durée de formation du gouvernement. Pour la petite histoire: pour former le gouvernement Di Rupo, il a fallu 541 jours, ce qui est la durée moyenne de vie d'un gouvernement depuis l'après-guerre !" conclut Patrick Dumont.

 

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