Enseignement

Les professeurs de danse, une denrée rare pour les conservatoires et les académies

publié le:04/10/2023 19:08:00 - mis à jour: 07/10/2023 00:19:57

Les académies et les conservatoires ont des difficultés à recruter des professeurs de danse. Cette année, le conservatoire de Dinant a dû trouver une solution rapidement pour assurer les cours.

Le mercredi après-midi, les cours de danse s'enchaînent au conservatoire de Dinant. Si les élèves ne manquent pas, ce sont les professeurs qui sont difficiles à recruter. Cette année, c'est in extrémis que le conservatoire a trouvé des enseignants pour assurer les cours, explique son directeur f.f. Jean-Luc Lepage. 

Dans l'ensemble de l'établissement, nous organisons 34 périodes de danse dont quatre en danse contemporaine qui auraient pu ne pas être organisées car nous avons eu du mal à trouver une candidate.

Pas de diplôme de danse officiel en Belgique

La cause de cette pénurie, c'est un décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui oblige les professeurs de danse à avoir un titre suffisant pour enseigner en académie ou au conservatoire. Valentine Caussin, professeure de danse classique au Conservatoire de Dinant ajoute qu'il n'existe pas de diplôme de danse officiel en Belgique, à la place les candidats doivent valoriser une expérience utile.

Il faut être reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, donc il faut avoir ce qu'on appelle “l'expérience utile”. On l'obtient si on a presté un certain nombre d'heures en tant que professeur, d'autres heures sur scène ainsi que des formations. Quand on a cette reconnaissance, on peut enseigner dans les académies. L'ennui, c'est que tout le monde ne l'a pas, parfois par ignorance ou encore parce que ce sont des professeurs issus d'écoles privées.

Les conservatoires ruraux, boudés par les jeunes enseignants

Le peu de professeurs certifiés sur le marché a donc l'embarras du choix. Et souvent, ce choix ne se tourne pas vers des conservatoires comme celui de Dinant, regrette le directeur. Jean-Luc Lepage a dû faire venir de Mons son professeur de danse contemporaine.

Beaucoup de jeunes préfèrent les capitales. Quand on leur demande de se déplacer de Bruxelles à Dinant, ça va encore, mais quand il faut aller dans une de nos implantations à Beauraing, à Couvin ou à Florennes, c'est plus compliqué.

Pour Dinant, l'année académique est donc sauvée. En attendant un changement au niveau de l'administration, la direction devra faire les yeux doux aux professeurs pour espérer les garder l'année prochaine.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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