MAtélé comme en 14 : les résistants de la Grande Guerre

publié le:31/10/2014 11:45:05 - mis à jour: 31/10/2014 14:56:22

Le magazine de la Première Guerre mondiale s'intéresse à un aspect méconnu du conflit : l'existence de réseaux de renseignements clandestins. Pendant la Grande Guerre aussi, des hommes sont passés dans la clandestinité pour espionner l'occupant. Certains l'ont payé de leur vie.

Mémoire vive : prisonnier pendant toute la guerre

En 1913, Joseph Gaspard, originaire de Somme-Leuze, est soldat au fort d'Andoy, près de Namur. Lorsque la guerre éclate, les Allemands prennent le fort. Joseph trompe la vigilance de l'ennemi et rentre pendant quelques jours chez lui, à Somme-Leuze.
Il tente alors de rejoindre l'armée belge par la Hollande. C'est à ce moment là qu'il est fait prisonnier par les Allemands, peu après le 24 août 1914. Il sera d'abord maintenu en captivité à Liège, pour finalement être envoyé dans un camp de prisonnier à Giessen, en Allemagne, à 235 kilomètres de chez lui.
Commence alors une longue correspondance, principalement avec sa famille. Aujourd'hui, un de ses fils, Alphonse Gaspard, possède toutes ses lettres et toutes les photos qu'il avait envoyées depuis l'Allemagne. Grâce à cela, Alphonse Gaspard en sait plus sur la vie de son père durant la Grande Guerre.
Les premières lettres qu'Alphonse Gaspard possède datent du 3 mars 1915. Elles sont destinées à ses parents. Il demande un colis, de maximum 5 kilos, et des galettes. Les lettres mettent beaucoup de temps à arriver. Parfois plusieurs jours, voire plusieurs semaines.  
Ses lettres n'étaient pas toujours écrites de sa main. Les textes étaient censurés. Souvent, seule sa signature est authentique. "Ils supprimaient certainement des mots", explique Alphonse Gaspard, le fils de Joseph Gaspard.
Ce qu'on apprend aussi dans ses lettres, c'est qu'il a pu continuer à pratiquer son métier de menuisier en Allemagne. Cela lui permettait de gagner un peu d'argent et surtout aussi, un peu de considération de la part de l'ennemi.
Joseph Gaspard rentre chez lui le 21 août 1919. Aujourd'hui, son nom est gravé sur le monument commémoratif de Somme-Leuze.
 

Un jour en enfer

Notre série consacrée aux dix batailles les plus sanglantes de la bataille des frontières en province de Luxembourg s'arrête cette fois à Bellefontaine et à Tintigny. La bataille a pour particularité d'être l'une des rares à voir l'Allemagne perdre plus d'hommes que la France. Les habitants de Tintigny ne sont pas non plus épargnés. Les Allemands, y ayant vu une fois de plus, des francs-tireurs, y exécutent 83 personnes.
"Un jour en enfer" se penche également sur un aspect méconnu du Premier conflit mondial : le mouvement de résistance la Dame Blanche. Il prend ce nom en référence à une légende allemande qui affirme qu'une dame blanche apparaît pour annoncer la mort prochaine d'un membre de la dynastie des Hohenzollen. Le mouvement, financé par l'Angleterre, se charge en particulier de surveiller le trafic ferroviaire.
Louis et Anthony Collard, originaires de Tintigny, s'engagent dans ce réseau en 1917. Ils mettent en place le poste de Virton. En mars 1918, un peu par hasard, ils sont arrêtés à Liège. Emprisonnés et torturés, ils sont finalement exécutés le 18 juillet 1918. 
Pour en savoir plus sur le réseau Dame Blanche, cliquez ici

 

La Collégiale retrouve ses cloches

Christian Pacco retrace l'histoire de la Collégiale de Dinant dans une conférence intitulée « La Collégiale retrouve ses cloches ». Le 23 août 1914, à Dinant, les troupes allemandes massacrent 674 civils et mettent le feu à la ville. La toiture de la Collégiale n'échappe pas aux flammes. Le bulbe s'effondre, emportant avec lui le carillon. A l'occasion des commémorations du 100e anniversaire des massacres de Dinant, un carillon va bientôt réintégrer sa place au cœur du bulbe de la collégiale...

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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