Meurtre d'Isabelle Humblet: l'accusé n'est pas un impulsif
publié le:07/06/2016 18:12:05 - mis à jour: 10/06/2016 23:01:09
La thèse défendue par Olivier Baudoin est celle d'un coup de colère, d'un "pétage de câble" survenu lorsque sa femme lui aurait annoncé la séparation. Mais personne ne l'a jamais vu faire preuve d'impulsivité.
Peut-on "péter un câble" au point de tuer sa femme sur un coup de colère sans avoir jamais montré la moindre inclination à la violence? C'est la question qui a traversé les débats de mardi après-midi devant la cour d'assises de Namur.
La psychologue chargée de dresser le profil de l'accusé a décrit ce dernier comme un homme doté d'une faculté de jugement dans la moyenne mais "à l'espace mental étroit. "Il est plus dans l'action". Un homme qui manque de souplesse, qui a du mal face à l'imprévu, qui montre une certaine rigidité:
"Il y a peu de place pour le doute, la nuance, la remise en question."
Un homme narcissique aussi, pour qui il est important de montrer une image lisse, parfaite. Un homme qui n'a pas exprimé de regrets par rapport à la défunte, mais par rapport aux conséquences de son acte sur les enfants et sur la ferme. Enfin, et surtout, le profil de l'accusé ne montre pas d'éléments agressifs dans son chef: rien dans son étude psychologique ne montre un tempérament violent.
S'est-il déjà énervé? "Jamais"
Les témoins de moralité ont commencé à défiler à la barre: la sœur de l'accusé, son frère, ainsi que ses parents, se souviennent d'un enfant jovial, d'un papa s'occupant bien de ses enfants, d'un fermier n'hésitant pas à aider bénévolement dans le village. Confrontés à la question de savoir si l'accusé était un homme colérique ou impulsif, la réponse de la sœur et des parents est unanime: c'est non. L'avez-vous déjà vu s'énerver sur quelqu'un? "Jamais", a répondu la maman.
Pas d'excitation avec ce médicament
Une explication fournie par l'accusé pour expliquer son geste était l'absorption du même anti-psychotique que celui administré à sa femme, le Dominal. Question au Dr Gérard Charles, neuropsychiatre: est-il possible qu'une première prise d'un médicament de ce genre, mal dosé, provoque un "pétage de plomb"? Non, a expliqué le médecin.
"Il existe en effet des médicaments qui induisent rarement une réaction paradoxale: une excitation au lieu d'un effet calmant, comme les benzodiazépines, mais le Dominal n'appartient pas à cette classe de médicaments".
Ce mercredi se poursuivent les auditions des témoins. Magali, la prostituée dont il était tombé amoureux, sera notamment appelée à la barre.