Analyse

Mi-mandat à Anhée : petite commune mais grands projets

publié le:17/01/2022 11:31:00 - mis à jour: 17/01/2022 17:58:04

Il n’est pas usurpé d’écrire qu’à Anhée, on construit, on rénove, on transforme. La commune mise tout sur le Plan Communal de Développement Rural, et sa manne de subsides.

Pourrait-on qualifier Luc Piette, à la tête de la commune depuis 1995, de bourgmestre-bâtisseur ? Le terme serait peut-être exagéré : aucun édifice grandiloquent n'est sorti de terre sous son maïorat. Par contre les réalisations concrètes sont nombreuses : les « cœurs » de villages, les salles communales, les voiries sont au centre de la politique menée par Luc Piette.

>> Cet article fait partie de la série "Un jour une commune" consacrée au bilan politique à la moitié de la législature communale: lire ici le détail

 

Un enthousiaste du développement rural

Le bourgmestre est en effet un grand enthousiaste du PCDR, Plan Communal de Développement Rural, un programme wallon de subsidiation massive de projets locaux conditionné à des concertations citoyennes préalables. Ces subsides irriguent la politique communale anhétoise, le bourgmestre n'en fait pas mystère :

 

Le premier PCDR a été rentré par Anhée en 1998 et a été accepté en 2003. Nous sommes à notre deuxième PCDR, accepté en 2017. Cela a beaucoup de conséquences sur notre fonctionnement : mise en place d'une Commission de Développement Rural, d'une Commission Consultative d'Aménagement du territoire, d'une Agence de Développement Local, engagement d'une conseillère en énergie… C'est le PCDR qui a permis la création du parc multifonctionnel à Anhée à la place de l'ancien camping. Le projet suivant sera l'aménagement et l'égouttage de la place d'Annevoie. Autre projet : l'école d'Annevoie, où les élèves travaillent depuis 22 ans dans du pré-fabriqué. La rentrée de septembre 2022 s'y fera.

Plus emblématique encore : le rachat de la salle Dieu et Patrie de 1.000 mètres carrés sur la place d'Anhée :

 

C'était le souhait de la population d'avoir une halle économique et culturelle. Nous avons racheté cette salle en vue d'y bâtir cette halle grâce au PCDR. Le marché hebdomadaire du mardi pourra s'y abriter l'hiver. Les marchés du terroir des vendredis pourront s'y dérouler. Ce serait aussi une halle culturelle : l'Agence de Développement Local y travaille.

>> Lire aussi : "Anhée mise sur une halle couverte pour booster l'activité commerciale"

 

"Pas de vision d'ensemble"

Ce dynamisme est salué aussi par l'opposition, représentée à Anhée par le groupe Anhée Vers+, à tendance Ecolo. Steve Tonneaux, son leader, nuance néanmoins les bienfaits de ce tout au PCDR :

 

Dans la commune, on est très attaché aux bâtiments et aux travaux, mais on prend les dossiers un par un sans vision d'ensemble, et c'est ce que je crains qu'il risque d'arriver au projet de halle, que nous soutenons, mais qu'il faut aborder de manière globale et en pensant au futur, pas juste à sa fonction d'abriter des marchés.

On l'a écrit plus haut : la Wallonie impose aux communes de consulter la population avant de rentrer un PCDR. D'ailleurs, le projet de halle est un projet proposé par les citoyens membres de la CLDR (Commission Locale de Développement Rural). Mais cette consultation formelle prive la commune, selon l'opposition, d'autres sources de concertation avec la population. Steve Tonneaux :

 

La CLDR, ce sont toujours les mêmes personnes, de bonne volonté ; au final, j'ai toujours eu ce sentiment qu'on va chercher des subsides, alors que ça pourrait être plus dynamique point de vue participation. il faudrait essayer d'aller toucher d'autres personnes, comme le monsieur avec son initiative sur le skate park. On pourrait même avoir un budget participatif citoyen : mais Luc Piette préfère y aller au cas par cas.

Meilleure communication

 

Autre reproche avancé par la minorité : le retrait d'instances supra-communales :

 

La commune s'est retirée de la Ressourcerie, du Contrat de rivière, de Mobilisud : la commune se replie sur elle-même, alors que les petites communes ne peuvent pas travailler dans leur coin. On s'est déjà retrouvé face à des petits quiproquos comme sur la piste de jet-ski, on a fait des réunions désastreuses avec Yvoir, parce qu'on ne s'était pas concerté en amont.

Le reproche n'affleure néanmoins pas longtemps dans l'opposition, qui a le sentiment d'être entendue et respectée par la majorité, « même si ce n'est pas facile avec 3 conseillers sur 19 » :

 

Notamment, la communication vers le citoyen s'est vraiment améliorée, elle est plus neutre et transparente et ce grâce aux remarques de notre groupe.

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