Justice
Noisy: après l'arrêt de la démolition, quelles sont les solutions possibles ?
publié le:09/06/2017 15:38:00 - mis à jour: 12/06/2017 12:24:06
Ce jeudi, un juge dinantais a déclaré illégal le permis de démolition du château de Miranda, à Noisy. Les travaux sont donc à l'arrêt. Désormais, plusieurs pistes peuvent être envisagées.
La nouvelle a fait l'effet d'une petite bombe ce jeudi lorsque la décision du juge dinantais -"siégeant comme en référé"- Valéry de Wulf est tombée: les travaux de démolition du château doivent cesser car le permis est illégal. C'est un jugement définitif, pas une ordonnnance provisoire. La décision a été immédiatement signifiée à la société Miranda.
Voilà qui complexifie singulièrement la saga de la démolition de ce château du 19ème siècle, que son propriétaire, le comte Hadelin de Liedekerke-Beaufort, souhaite voir disparaître du paysage, pour des motifs de sécurité.
Le comte et ses conseils ont toutefois décidé de faire appel de cette décision. La requête sera déposée lundi matin à la première heure, avec l'espoir que le juge d'appel s'en saisira rapidement. Car, dit l'avocat Bernard Paques, surpris par la décision, le juge de première instance se trompe. Il n'a pas, dit l'avocat, opéré une balance des intérêts correcte entre les impératifs de sécurité d'une part, et le désir des demandeurs "de pouvoir voir le château s'écrouler naturellemment" d'autre part. Bernard Paques n'imagine pas que les arguments de ses clients ne finissent pas par l'emporter.
Remettre les compteurs à zéro?
Pas si vite!, répond l'avocat des demandeurs, Alain Lebrun. "Ne nous enfermons pas dans une solution définitive", explique-t-il, convaincu que de nouvelles perspectives s'ouvrent désormais. Bien sûr les propriétaires de Miranda peuvent faire appel, mais ne serait-il pas plus judicieux de tout recommencer à zéro et de demander à la commune de retirer le permis désormais jugé illégal? Cela aurait pour conséquence de remettre les compteurs à zéro (le recours en annulation devant le Conseil d'Etat, toujours pendant, serait éteint) et de repartir sur de nouvelles bases.
Un nouveau permis respectant les prescriptions urbanistiques et environnementales permettrait d'ouvrir un débat sur le futur de cette ruine, avance l'avocat liégeois. "Je ne pense pas que la démolition s'impose", se risque-t-il, alors que les travaux de démontage ont déjà bien entamé l'édifice. Selon lui, la démolition pourrait n'être que partielle, "le château vivra alors sa vie de ruine, avec tout ce que cela peut laisser ouvert pour l'avenir", dit encore Alain Lebrun, qui rappelle le cas de Carcassonne, la cité médiévale relevée de ses ruines par Viollet-le-Duc au XIXème siècle.
Mais avant de penser à un avenir "à la Carcassonnaise" pour les restes de Miranda, le conseil du propriétaire rappelle que le site est extrêmememnt dangereux: "Vous imaginez ce qui se pourrait se passer si des gamins entraient dedans et avaient un accident?" Pas sûr qu'un terrain d'entente soit susceptible de surgir entre les partisans de la sauvegarde et le propriétaire des lieux.